Les têtes maories pourraient retourner en Nouvelle-Zélande

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Les têtes maories pourraient retourner en Nouvelle-Zélande
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Une proposition de loi, qui a le soutien du gouvernement, devrait permettre la restitution de ces têtes actuellement présentes dans les musées français.

Les têtes maories sont à la fois des restes humains et des pièces de musée. D’où la polémique qui les entourent. Tranchant ce débat, le Sénat a adopté lundi soir à l'unanimité une proposition de loi qui autorise la restitution à la Nouvelle-Zélande d’une tête maorie momifiée qui se trouve au Muséum d'histoire naturelle de Rouen depuis 1875.

Une procédure soutenue par le nouveau ministre de la Culture. "On ne construit pas une culture sur le trafic. On construit une culture sur le respect et sur l'échange", a affirmé Frédéric Mitterrand contredisant la position défendue jusqu’alors par Christine Albanel. Sa prédécesseur avait ainsi engagé un recours devant le tribunal administratif pour faire invalider la décision de restitution prise directement par la municipalité de Rouen.

Si la proposition de loi est définitivement adoptée, elle remettra en cause un principe de droit inscrit dans la loi "musées" de 2002 : les oeuvres des collections publiques sont "inaliénables" et ne peuvent donc pas être cédées.

Sur le fond du débat, Yves Le Fur, le directeur du patrimoine et des collections du musée du quai Branly, qui détient huit têtes maories, est très circonspect. "Je suis tout à fait conscient qu’il y a une sorte de compassion vis-à-vis de ces problèmes d’éthiques qui sont difficiles", a-t-il avancé prudemment sur Europe 1. Mais il a aussi refusé de s’engager sur une restitution des têtes maories, comparant la situation avec celle des reliques chrétiennes. "Je me demande si maintenant on doit récupérer toutes les reliques chrétiennes dans tous les musées du monde pour les ré-enterrer parce que ce sont des restes humains. Or il se trouve que ce sont aussi des œuvres d’art magnifiques… ", a argumenté Yves Le Fur, plaidant pour la "voie du dialogue".