Les Molières sont-ils "minables" ?

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Les Molières sont-ils "minables" ?
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Les plus prestigieux théâtres parisiens refusent de participer à l'édition 2012.

Est-ce la fin des Molières ? La cérémonie, qui récompense chaque année les professionnels du théâtre, a en tout cas pris du plomb dans l'aile. Les plus importants théâtres privés parisiens ont en effet décidé de se retirer de la prochaine édition, qu'ils jugent dépassée.

Dans un appel remis à l'Association des Molières, à France 2 et au ministère de la Culture, les 29 théâtres parisiens en question indiquent qu'ils ne présenteront pas leurs spectacles dans le catalogue 2012 des Molières et déclineront toute proposition de concourir à la prochaine édition".

Une cérémonie qui perd son public

Les théâtres parisiens reprochent aux organisateurs de la cérémonie d'avoir perdu de vue son objectif originel. "La cérémonie est de plus en plus minable. Tous les ans, on perd un million de téléspectateurs", a ainsi martelé mardi sur Europe 1 Francis Nani, directeur du théâtre du Palais-Royal.

En parallèle, les théâtres privés ont connu une baisse de leur fréquentation en 2008 et en 2009 et une saison 2010 difficile en dépit d'une légère remontée.

Francis Nani prône une vraie "fête du théâtre" pour les téléspectateurs. "S'ils s'ennuient devant la télé, ils se disent 'on n'ira pas au théâtre'", explique-t-il. Pour les directeurs de théâtres parisiens, il faut "refonder totalement le concept" sans sacrifier forcément la remise de récompenses. Ils appellent ainsi l'ensemble des professionnels du théâtre à réfléchir ensemble à une nouvelle formule.

Parmi eux figurent Pierre Lescure, directeur du Théâtre Marigny et ex-président des Molières, Bernard Murat, directeur du Théâtre Edouard VII, et Jean-Claude Camus, directeur du Théâtre Saint-Martin.

Une délocalisation qui passe mal

La qualité de la cérémonie n'est cependant pas la seule cause de cette fronde. Les théâtres parisiens se sentent ainsi dépossédés d'une institution qu'ils ont pourtant établie. "Nous ne voulons plus nous sentir la caution d'une manifestation qui n'est plus la nôtre", précisent ainsi les signataires à propos de la cérémonie créée en 1987 par le théâtre privé.

Certains directeurs dénoncent à ce titre le poids des théâtres subventionnés dans le nombre de votants, ce qui leur permet de rafler les prix.

Francis Nani s'agace de son côté du choix de la ville qui doit accueillir la Nuit des Molières en 2013 : Nice. "C'est quand même une fête des théâtre parisiens et privés", pointe-t-il du doigt. Si les signataires du manifeste ne sont pas contre la cérémonie des Molières en tant que telle, ils n'accordent en revanche "aucun crédit à l'organisation actuelle pour mener à bien la refondation de cette institution".

Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a indiqué mardi qu'il allait recevoir les théâtres privés parisiens "le plus vite possible" pour tenter de les faire revenir sur leur décision.