Les héros de BD s’adaptent mal au grand écran

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Les héros de BD s’adaptent mal au grand écran
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L'adaptation au cinéma d'une bande dessinée garantit généralement deux choses : un mauvais film, mais un succès commercial.

Lucky Luke va-t-il supporter la pellicule ? Ou le cow-boy qui tire plus vite que son ombre est-il sur le point de rejoindre la longue liste des héros de bandes dessinées victimes de l’adaptation de leurs aventures au cinéma ?

Alors que le film de James Huth sort en salles mercredi, un coup d’œil en arrière montre que le passage des petites cases au grand écran s'est bien souvent soldé par une catastrophe artistique.

Si l’on s’en tient à la BD franco-belge, et que l’on met de côté comics américains et mangas japonais, l’histoire du cinéma l’a largement démontré : une bonne bande dessinée fait forcément un succès commercial, mais par forcément un bon film. Exemples.

Tintin n’a eu droit qu’à deux adaptations cinématographiques – sans compter les fils d’animation : Tintin et le mystère de la Toison d’or en 1961, et Tintin et les Oranges bleues en 1964. Les personnages sont bien ceux d’Hergé, mais pas les scénarios. Ce qui explique peut-être que les deux films aient sombré dans l’oubli. Voici les premières minutes du Mystère de la Toison d’or :

En 1981, vingt-quatre ans après l’apparition du personnage de Franquin, sort le film Fais gaffe à la gaffe ! Le dessinateur belge n’ayant pas autorisé l’utilisation des noms de ses personnages, Gaston Lagaffe s’appelle "G.", son chef Prunelle, interprété par Daniel Prévost, se nomme "Prunus", et Monsieur de Mesmaeker a été rebaptisé "Mercantilos". L’extrait suivant semble résumer la pauvreté du film, qui obtient la note de 2,6/10 sur Imdb, le site de référence des cinéphiles :

Plus récemment, de nombreuses bandes dessinées ont connu des adaptations douteuses, dont les critiques ont unanimement souligné qu’elles n’étaient pas à la hauteur des versions papier. Michel Vaillant (5/10 sur Imdb), fut un semi-échec puisqu'il rassembla "seulement" 900.000 spectateurs en 2003 :

Iznogoud (2005)restera également dans l’histoire comme un four cinématographique (3,9 sur Imdb), même si Michaël Youn, en vizir qui voulait être calife à la place du calife, attira 2,5 millions de spectateurs :

Les Dalton ont précédé Lucky Luke au cinéma, en 2004. En dépit d'une qualité franchement discutable (3 sur Imdb), la présence d’Eric et Ramzy assura au film un joli succès, avec 2 millions de spectateurs :

Enfin, L’Enquête Corse de Pétillon aurait certainement gagné à ne pas avoir de version cinématographique (2 millions d'entrées en 2004), tant cette dernière (5,3 sur Imdb) galvaude la bande dessinée qui obtint le prix Alph’art du meilleur album en 2001.

Quelques heureuses exceptions ont réussi à allier qualité et succès au box-office. Exemple avec Largo Winch, interprété de manière convaincante par Tomer Sisley (6,6 sur Imdb et 1,8 million d'entrées) :

Mais le personnage qui a certainement réussi le passage le plus marquant au cinéma est Astérix, en 2002, avec Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre d’Alain Chabat. (6,5 sur Imdb). Le troisième plus gros succès de l’histoire du cinéma français (14 millions de spectateurs, derrière Bienvenue chez les Ch’tis et La Grande Vadrouille, laissera un souvenir certainement plus impérissable qu’Astérix et Obélix contre César (1998) et Astérix aux Jeux olympiques (2008, plus gros budget de l’histoire du cinéma français) :