"Les Grands", une série à hauteur d'adolescents

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Depuis la mi-octobre, la plateforme OCS (Orange cinéma séries), diffuse la deuxième saison d'une série française qui parle des ados d'aujourd'hui : "Les Grands".

Difficile de trouver une série française qui parle des adolescents sans tomber dans la caricature (On se souvient dans les années 1990 des mièvres Premiers Baisers ou Hélène et les Garçons). C'est pourtant ce que réussit Les Grands, une série créée par Benjamin Parent et Joris Morio dont la saison 2 est diffusée depuis la mi-octobre sur OCS (Orange cinéma séries). Elle raconte le quotidien d'Hugo, Ilyes, Boogie, Avril ou encore MJ, une bande de potes. Dans la saison 1, le groupe d'ados passait sa dernière année dans un collège de banlieue parisienne. Dans la saison 2, les jeunes font leur entrée au lycée, toujours en banlieue. 

On y suit leur histoires d'amour plus ou moins foireuses, leurs engueulades avec les parents et les profs. Mais la série donne également à voir ce qu'il y a dans leur tête  : leurs rêves, leurs doutes, les questions qu'ils se posent au sujet de leur identité mais surtout sur leur avenir.

Ni trop niais, ni trop extravagants. Et c'est réaliste. Les personnages ne sont ni trop niais, ni totalement extravagants. Ils sont à la fois drôles et fragiles, touchants et agaçants... comme les ados que l'on connait. Même s'il leur manque peut-être quelques boutons d'acnés pour être dans le vrai. 

Ainsi, le jeune Ilyes se pose des questions sur son orientation sexuelle et met du temps à l'assumer auprès de ses amis et sa famille. Avril, la bonne élève, fleur bleue, se rêve rebelle sans pour autant l'être vraiment, même lorsqu'elle débarque au lycée. Boogie, le marrant de la classe est obsédé, dans la saison 1, par le fait de perdre sa virginité, mais c'est avant tout un gamin paumé, qui n'assume pas vraiment d'être attiré par la rouquine du collège et ne veut surtout pas avouer à son petit frère qu'il n'a pas de copine.

Un ton décalé. Mais si la série séduit, c'est aussi parce qu'elle est drôle. On y retrouve parfois le ton décalé des "Beaux Gosses", ce film de Riad Sattouf dans lequel Vincent Lacoste apprend à rouler une pelle avec son miroir. Boogie est particulièrement marrant. Obsédé par les filles... et par son pénis ! Il va même jusqu'à le prendre en photo pour l'envoyer sur le compte Facebook du principal du collège et cherche à l'exhiber pour la photo de classe ! C'est l'honneur de la famille qui est en jeu, dit-il.

Mais certains des personnages secondaires sont tout aussi gratinés. C'est le cas du prof de maths de la saison 1, affublé d'une coupe mulet et des pulls BCBG. Il est totalement maladroit. Le prof de musique dans la saison 2 est tout aussi savoureux. Cet ancien du monde de l'électro donne cours en tenue de cycliste et saigne du nez à la moindre fausse note !

Des sujets plus graves. La série n'élude pas pour autant les sujets plus graves. Dans la saison 1, les créateurs évoquent avec justesse le problème du harcèlement scolaire. Ils prennent l'exemple de Bertille, une jeune fille rousse qui subie les moqueries répétées de ses camarades. Les remarques sont distillées durant les premiers épisodes et ni les ados, ni même les téléspectateurs n'y prêtent vraiment attention, jusqu'au jour où les professeurs finissent par en parler aux élèves. Dans la saison 2, il est aussi question d'avortement et de mauvaises fréquentations, qui pourraient bien coûter à l'un des personnages, Hugo, sa scolarité.

Une série aussi pour les adultes. La série qui s'adresse surtout aux ados peut aussi séduire les adultes, pour son côté cure de jouvence. Elle permet de revivre le lycée sans les boutons ni les cheveux gras, et sans même devoir plancher des heures sur une dissertation. Surtout, la série place le téléspectateur à la hauteur des adolescents. Elle rappelle aux autres "grands", que même si le mode de vie très connecté des ados d'aujourd'hui est un peu différent de celui des ados des années 1990 ou 2000 et même 2010, leurs préoccupations, elles, ne changent pas.