Le spectacle de Dieudonné finalement autorisé à Grenoble

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Le spectacle de Dieudonné finalement autorisé à Grenoble
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Le tribunal administratif de Grenoble a suspendu l'arrêté préfectoral qui avait interdit le spectacle de l'humoriste.

Dieudonné M'Bala M'Bala pourra finalement jouer à Grenoble dimanche soir. L'humoriste avait assigné en référé le préfet de l'Isère pour "atteinte à la liberté d'expression" après que ce dernier eut annulé son spectacle par arrêté préfectoral, craignant "des troubles à l'ordre public". "L'appel à se mobiliser de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme), du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) et SOS-racisme Grenoble-Isère ne caractérise pas en lui-même un risque de trouble sérieux à l'ordre public", a justifié dans son ordonnance le tribunal.

Le juge des référés a par ailleurs retenu que l'arrêté préfectoral constituait une "atteinte grave et illégale à une liberté fondamentale". La préfecture avait expliqué samedi sa décision par les "prises de positions extrêmement controversées" de l'humoriste au cours de ces dernières années, qui "ont amené le Crif, la Licra et SOS-racisme Grenoble-Isère" à appeler "les démocrates, élus et citoyens, à se mobiliser pour exprimer leur indignation et s'opposer au spectacle". "Ce rassemblement significatif, confronté à de nombreux spectateurs, ne manquera pas de provoquer de graves troubles à l'ordre public", avait justifié dans un communiqué la préfecture.

Le 22 septembre, un an de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende ont été requis à l'encontre de Dieudonné par le tribunal correctionnel de Paris pour "injures raciales", pour avoir remis sur la scène du Zénith "le prix de l'infréquentabilité" à l'historien révisionniste Robert Faurisson. Le jugement a été mis en délibéré au mardi 27 octobre. L'humoriste, qui a déjà fait l'objet d'interdictions du même genre par le passé, qu'il a parfois contournées en donnant son spectacle à partir d'un bus, a été condamné à plusieurs reprises pour ses provocations.

La cour d'appel de Paris avait ainsi confirmé le 26 juin 2008 sa condamnation pour avoir assimilé en 2005 la mémoire de la Shoah à de la "pornographie mémorielle". La cour d'appel l'avait également condamné le 15 novembre 2007 pour avoir tenu en 2004 des propos où il comparait les "juifs" à des "négriers".