Le sexe, l'homme et l'évolution

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Le sexe, l'homme et l'évolution
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De quand date le premier baiser ? Même si "les baisers fossilisent mal", Pascal Picq et Philippe Brenot, respectivement paléoanthropologue et psychiatre se sont néanmoins penchés sur la question. La réponse est à paraître le 4 juin dans un livre passionnant : "Le sexe, l'homme et l'évolution".

S'il faut attendre l'homo ergaster (-2 millions d'années) pour que se dessine la femme actuelle, il est néanmoins possible de constater que non seulement les australopithèques comme Lucy bénéficiaient d'un organe sexuel plus proche de celui de la femme que celui d'un chimpanzé mais en plus que leur bassin était déjà aussi large que celui des femmes modernes. Mais si en observant de dos un chimpanzé adolescent mâle ou femelle il est difficile de constater une différence de morphologie, il n'en va pas de même pour le corps féminin : à la puberté, celui-ci se sculpte à la manière d'un violoncelle et se pare d'atours destinés à attirer l'homme. En l'absence d'une période d'oestrus (communément appelée "chaleurs") la femme bénéficie d'une réceptivité sexuelle différente de l'animal et d'un désir permanent, qui rendent d'autant plus nécessaires les jeux amoureux, à l'exemple du baiser.

Le baiser n'est pas réservé aux seuls humains. Les chimpanzés, par exemple, se livrent aussi à cette pratique mais ne se touchent pas les lèvres, cet acte représentant chez eux plus un acte social (un salut) qu'un geste intime d'affection prodigué dans un cadre sexuel ou érotique. Les plus câlins sont les bonobos, qui défraient régulièrement la chronique avec leurs moeurs très libérées : en effet, non seulement ces primates s'embrassent-ils en collant leurs lèvres l'une contre l'autre mais en plus ils se livrent à ce que les américains qualifient de "french kiss", autrement dit : un baiser avec la langue.

Et s'il est admis que le baiser préfigure un rapport sexuel, l'acte de s'embrasser reste néanmoins la preuve de l'existence d'une relation affective entre ceux qui l'échangent, prouvant ainsi que les animaux ne fonctionnent pas uniquement sur des réflexes et des phéromones excitants. L'acte du baiser n'est, d'ailleurs, pas la seule activité de ce type que nous partageons avec nos ancêtres et nos cousins, qu'il s'agisse de singes ou de primates. Et pour vous le prouver, de la fidélité conjugale jusqu'au cours d'éducation sexuelle en passant par la traditionnelle question machiste de "qui a la plus grosse...", Pascal Picq et Philippe Brenot lèvent le voile sur les amours de nos ascendants.

Alors, Lucy a-t-elle embrassé ? Pour le savoir, rendez-vous le 4 juin en librairies avec "Le sexe, l'homme et l'évolution" aux éditions Odile Jacob