L'artiste Daniel Buren "écœuré" par la Ville de Lyon

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L'artiste Daniel Buren "écœuré" par la Ville de Lyon
La place des Terreaux à Lyon.@ AFP
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Il estime que son œuvre, place des Terreaux, est à l'abandon et envisage de porter plainte contre la Ville.

"De jour en jour, ce truc-là est de plus en plus innommable". Dans une interview accordée au Progrès mardi, l'artiste Daniel Buren ne mâche pas ses mots envers son œuvre réalisée en 1994 place des Terreaux à Lyon mais laissée depuis, selon lui, à l'abandon par la Ville.

Une dégradation crescendo. A l'origine, l'artiste avait créé avec l'architecte lyonnais Christian Drevet 69 petites fontaines alignées impeccablement au carré sur un revêtement en pierres blanches, noires et grises, créant un effet miroir. Mais dès 1995, l'oeuvre située place des Terreaux, face à l'Hôtel de Ville, avait dysfonctionné, l'eau débordant, la pierre se cassant ou s'affaissant. En théorie interdite aux véhicules, la place avait rapidement vu des camions y stationner "déréglant la planification des granits", selon l'artiste. Et la circulation des bus sur le pourtour a aggravé la situation.







"C'est désastreux pour moi. On peut avoir un jugement par rapport à une oeuvre terminée. Là, il ne peut être que négatif", assène Daniel Buren.

Vers une action en justice ? Selon lui, le maire de Lyon Gérard Collomb lui avait assuré en 2008 que la réfection de la place était inscrite dans son mandat. "Rien ne se fait. Je pense qu'il ne feront jamais rien, que c'est voulu, que c'est fini", lâche l'auteur des célèbres colonnes dites "de Buren" installées au coeur du Palais Royal à Paris. Pour lui, "la situation est allée en s'envenimant. Il n'y a plus de dialogue". "Devant ce désastre et les non-réponses (...), la seule solution, c'est une action en justice", menace Daniel Buren dans un entretien au quotidien Le Progrès de mardi.

Joint par l'AFP, la Ville de Lyon "n'a pas souhaité réagir" dans l'immédiat aux propos de Daniel Buren. Elle précise toutefois qu'avant le réaménagement de la place, une prochaine étape est la réfection de l'historique Fontaine Bartholdi, déplacée par Daniel Buren sur un côté de la place. La place réaménagée est "intouchable", rappelle Daniel Buren. L'oeuvre "a été faite pour cette place, c'est là qu'elle doit rester et elle doit rester propre. S'il faut que j'accepte qu'elle soit détruite, qu'on la retire du patrimoine, ce n'est pas gagné d'avance", prévient-il.