L'Art de l'Holocauste s'expose pour la première fois à Berlin

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L'Art de l'Holocauste s'expose pour la première fois à Berlin
Angela Merkel échange avec Nelly Toll, seule artiste exposée survivante. @ Britta Pedersen / POOL / AFP
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Lundi, une exposition a été inaugurée qui réunit les œuvres de juifs persécutés pendant la Seconde guerre mondiale.

Un centaine de peintures et dessins réalisés par des victimes juives de la terreur nazie sont présentés pour la première fois à Berlin à partir de mardi. L'exposition, intitulée "L'Art de l'Holocauste", est organisée notamment par le mémorial Yad Vashem. Les œuvres sont arrivées à Berlin en deux envois "afin qu'elles ne soient pas toutes endommagées s'il se passait quelque chose", a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel lors de l'inauguration lundi soir. 

Des dessins dissimulés. Unique artiste survivante de l'Holocauste, Nelly Toll, née en Ukraine en 1935, était présente. "J'étais très petite quand j'ai vu le ghetto, mais quand je dessinais, je n'y pensais pas", a-t-elle raconté. "C'était pour m'occuper, j'ai commencé à dessiner, ces personnages de papier sont devenus des amis, je leur parlais presque", explique celle qui a réalisé une partie de ces dessins alors qu'elle était dissimulée dans un réduit avec sa mère. La moitié des 50 artistes dont les œuvres sont présentées n'ont pas survécu aux persécutions.

"C'est l'humanité qui l'emporte". L'initiative de l'exposition revient au quotidien allemand Bild. C'est lors d'une visite au Musée d'art du mémorial dans lequel se trouvent environ 6.000 œuvres réalisées pendant l'Holocauste que Kai Diekmann, alors rédacteur en chef de Bild, a eu l'idée du projet. Pour Avner Shalev, président du mémorial, le message de ces œuvres, arrivées jusqu'à nous, illustre l'importance de leur message : "c'est l'humanité qui l'emporte".

Des dessins parvenus jusqu'à nous. Dans Le transport de Vienne, un dessin de Leo Haas (1901-1983), une cascade de corps enchevêtrés tombe d'un wagon à bestiaux, au camp de Theresienstadt en 1942. Le Boulevard des misères de Leo Kok (1923-1945) montre l'alignement des baraques au camp de Westerbork, tandis que dans l'estampe intitulée Battu, Jacob Lipschitz dépeint les souffrances de son frère au dos lacéré par le fouet du bourreau. Pour chaque oeuvre, l'exposition explique aussi comment elle est parvenue jusqu'à nous.