"L'art a le mérite de pouvoir poser de bonnes questions", estime Alexandre Brasseur

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Alexandre Brasseur va incarner, sur les planches, son grand-père, alors qu'il tournait Les enfants du paradis en 1943, sous l'Occupation.

INTERVIEW

Le petit-fils endosse le rôle du grand-père. Alexandre Brasseur se glisse dans la peau de Pierre Brasseur sur les planches du festival de Ramatuelle mardi, pour raconter la genèse d'un monument de cinéma français Les enfants du paradis, de Marcel Carné. Car au-delà de l'histoire racontée dans le film, la préparation du long-métrage a été un véritable défi pour les équipes de tournage, en 1943 : la France est occupée et la production artistique soumise à la censure de Vichy.

Une prise de risque. "Les acteurs sont avant-tout des combattants de l'art, et des hommes à risque : Jacques Prévert est un anarchiste, Marcel Carné est un homosexuel...", rappelle Alexandre Brasseur, invité d'Europe 1 dimanche. Lors du tournage, "ils sont terrés dans une maison, située sur un nid d'aigle pour pouvoir surveiller qui arrivent, avec une porte derrière qui donne sur le maquis pour pouvoir partir au cas où il y a une descente d'Allemands", détaille-il encore.

"Je ne raconte pas une histoire familiale". "C'est cette histoire là que je raconte, insiste Alexandre Brasseur. Je ne suis pas en train de raconter l'histoire de mon grand-père, de ma famille, ce n'est pas le cas du tout." Il s'agit en réalité de "raconter comment rester libre quand on est occupé, explique le comédien. Et aujourd’hui le problème est toujours d'actualité : comment en tant qu'artiste on peut garder la parole libre ?" Alexandre Brasseur n'hésite pas à faire un bon dans l'Histoire et comparer le nazisme au terrorisme actuel.

L'art et la politique. "Les gens qui cherchent à contraindre la liberté, il suffit d'allumer la télévisions ou la radio, on n'entend que cela. Il y a 300 journalistes qui sont morts depuis le début du conflit armé en Syrie. Ils vont jusqu'à tuer des gens dans les rues des pays voisins, dans les rédactions à Paris", compare Alexandre Brasseur. Le petit-fils de l'acteur s'est longtemps demandé si les artistes ne devaient pas se tenir à l'écart de la politique : "mais je me demande aussi si l'art n'a pas quelque chose à jouer pour la société. Ma pièce n'a pas le mérite d'apporter des réponses mais elle a le mérite de poser de bonnes questions. Et dans ces temps qui courent, tragiques et troubles, cela ne fait pas de mal de se poser des questions fondamentales."

Alexandre Brasseur se produira également à partir du 15 septembre 2016 au Théâtre du Petit Saint-Martin, à Paris (10e).