La photographie perd Willy Ronis

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La photographie perd Willy Ronis
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Révélé par ses reportages sociaux, l’auteur de Sur le fil du hasard s’est éteint samedi à l’âge de 99 ans.

Willy Ronis, l’une des plus grandes figures de la photographie, s’est éteint dans la nuit de vendredi à samedi. A l’âge de 99 ans, dont 62 consacrés, de près ou de loin au huitième art. Il laisse une œuvre considérable, reconnue dans le monde entier, qui a fait de lui l’égal de Robert Doisneau ou Henri Cartier-Bresson.

Au départ pourtant, Willy Ronis ne voulait pas être photographe. Dans sa jeunesse, il se rêvait plutôt compositeur, dans le sillage d’une mère lituanienne pianiste, ou dessinateur. Né en 1910 à Paris, le voilà pourtant contraint en 1932 de tenir la boutique de son père, photographe de quartier, affaibli par une maladie. Quatre ans plus tard, conquis, il décide de se lancer, après le décès de son père, dans la photographie pour la presse, l'industrie, la mode et la publicité.

A l’occasion des grandes grèves du Front Populaire, il réalise ses premiers reportages sur les mouvements sociaux. De là naîtront des aspirations humanistes, qui ne le quitteront plus. Après une pause forcée pendant la Seconde Guerre mondiale, Willy Ronis reprend l’appareil à la Libération, et participe à la renaissance de la presse illustrée. En 1946, il fait partie de la première équipe de l'agence Rapho avec Robert Doisneau et Brassaï. A partir de 1947, Ronis se passionne pour les quartiers de Belleville et de Ménilmontant. Il arpente les rues de ce Paris populaire, sans monument, qu’il fixe sur la pellicule.

En 1955, Ronis quitte Rapho (qu'il rejoindra plus tard). Il se consacre alors à la mode et à la publicité. Enseignant la photo à Paris et en Provence à partir de 1968, le Parisien se retire une dizaine d'années à Gordes (Vaucluse). Cette année-là, il fait don de ses archives à l'Etat, mais en reste le dépositaire de son vivant.

A la fin des années 70, c'est la consécration : Grand Prix des arts et lettres pour la photographie (1979), il est en 1980 l'invité d'honneur des Rencontres internationales de la photographie d’Arles et son livre Sur le fil du hasard reçoit le prix Nadar (1981).

Expositions, rétrospectives et hommages se succèdent alors, notamment en 1985, puis en 2006 à l’Hôtel de Ville de Paris, où il s’est installé en 1983. Fin 2008, il publie Nues, retraçant cinquante-six ans de travaux. En juillet dernier encore, il avait été une nouvelle fois l'invité d'honneur des 40èmes Rencontres photo d'Arles.

> La France rend hommage à Willy Ronis