"La fille du patron" : le retour de la "figure de l'ouvrier" au cinéma ?

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"La fille du patron" place la figure de l'ouvrier au centre du film. Pour Olivier Loustau, le réalisateur, c'est une typologie de personnage que l'on voit trop peu dans le cinéma français aujourd'hui.

Qui incarne aujourd'hui l'ouvrier comme le faisait Jean Gabin dans les années 1930 chez Marcel Carné ou Jean Renoir ? Personne, ou presque. C'est ce que pense en tout cas Olivier Loustau - le réalisateur de La fille du patron, en salles mercredi 6 décembre - qui constate une disparition des travailleurs sur grand écran.

"La figure de l'ouvrier telle qu'on l'a connue dans le cinéma des années 1930-1950, où il constituait une véritable figure héroïque dans la société (...) on ne peut pas dire que ce sont des personnages que l'on met en avant dans le cinéma français aujourd'hui", a expliqué le réalisateur dans l'émission "Europe 1 social club" lundiLa fille du patron évoque l'histoire d'amour entre un chef d’atelier et la fille du patron de l'usine, venue réaliser une étude ergonomique dans l’entreprise de son père.

Revivez la scène d'ouverture de La bête humaine, de Jean Renoir (1938), dans lequel Jean Gabin interprète un mécanicien de locomotive :

"Les différences d'aujourd'hui sont plus complexes". Interrogé par Frédéric Taddéï pour savoir si son film était sur la lutte des classes, Olivier Loustau a répondu que ce n'était pas le sujet principal. "On m'a souvent dit que les classes (NDRL : sociales) n'existaient plus en France alors que c'est faux. (...) Faire un film sur la lutte des classes, ce n'est pas ce qui m'a mis en action, mais on ne peut pas nier qu'il y a des différences sociales très importantes entre les individus", confie le réalisateur.

Olivier Loustau cherche à évoquer ces écarts dans son film, tout en évitant la caricature. "Les différences d'aujourd'hui sont plus complexes. (...) Ce n'est pas 'les salauds de patron' d'un côté et 'les gentils ouvriers' de l'autre", conclut-il.

>>> Retrouvez l'intégrale de l'émission "Europe 1 social club" :