La diva numérique "Hatsune Miku" arrive en France

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La diva numérique "Hatsune Miku" arrive en France
@ Kyodo/MAXPPP
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L'opéra virtuel japonais s'installe au théâtre du Châtelet pour trois représentations. 

Yamaha a déposé la marque "Vocaloid" pour désigner un logiciel de synthèse vocale, contraction de "vocal" et "androïde". Crypton Future Media a ajouté au logiciel une enveloppe charnelle. Ainsi est née "Hatsune Miku", soit "le premier son venu du futur" qui fait fureur au Japon et enchaîne les concerts et débarque pour la première fois en France pour trois représentations au Théâtre du Châtelet du  du 12 au 15 novembre.  

Son image appartient à tout le monde: elle est en "open source", ce qui signifie qu'elle peut être diffusée et modifiée à travers le "dressage": ses contributeurs peuvent développer son image et ses fonctions, paramétrer son élocution et son chant.

"J'ai choisi Hatsune Miku parce que j'imaginais une sorte de voix qui circule, comme un fantôme, dans un opéra entièrement constitué d'images et d'installations sonores", explique Keiichiro Shibuya. Les images ont été crées par un prodige du jeu vidéo, YKBX. Keiichiro Shibuya interprète lui-même la musique sur scène, maquillé et les cheveux bleus, tel un personnage de manga.

Des professionnels de la musique aux commandes

Mais qu'on ne s'y trompe pas: spécialiste reconnu de musique électronique, ce quadra à l'allure juvénile, formé au conservatoire de Tokyo par un disciple d'Olivier Messiaen, est un fin connaisseur de la culture européenne. Venu à Paris pour la première fois après la mort de son père, il est "ébloui" par l'opéra Wozzeck mis en scène par Patrice Chéreau au Châtelet (1992).

La mort est au coeur de l'opéra, baptisé "The End - Vocaloid Opera" et inspiré par la mort de sa femme Maria, il y a cinq ans.

Peut-on mourir lorsque l'on n'existe pas ? C'est la question vertigineuse que pose la jeune diva virtuelle. L'opéra est une sorte de méditation métaphysique, portée par la musique électronique de Keiichiro Shibuya.

La chanteuse virtuelle figurait récemment au Mori Museum de Tokyo dans une exposition à côté d'oeuvres de Chagall et Jeff Koons, et elle voyage même sous forme de dessins dans la sonde spatiale japonaise Akatsuki.