Isabelle Nanty : "il faut de l’irrévérence pour rendre audible Feydeau"

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La comédienne est passée une nouvelle fois à la mise en scène pour "Hôtel du libre-échange" de Feydeau à la Comédie française.

INTERVIEW

Elle a joué dans Tatie DanielleLes TucheLes ProfsLes Visiteurs et Astérix et Cléopâtre… La comédienne et réalisatrice Isabelle Nanty était l’invitée de C’est arrivé cette semaine pour raconter son pas de côté vers la mise en scène. Elle a adapté la pièce Hôtel du libre-échange de Feydeau, qui se joue à la Comédie française jusqu’au 25 juillet.

"Soubresaut". Quand Eric Ruf, l’administrateur de l'institution, est venue la voir, c’était d’abord pour travailler sur des contes. "Deux semaines après, il m’a dit 'finalement, tu vas  faire l’Hôtel du libre-échange pour une entrée au répertoire'. Dans cette pièce-là, il y a comme un dernier soubresaut pour ne pas passer à côté de sa vie, ne pas être définitivement inscrit dans une situation sociale. Il y a quelque chose d’adolescent, quelque chose qui se révolte." Pour s'immerger dans la pièce, Isabelle Nanty se fait finalement bien conteuse : "Il était une fois, des gens adultes, qui ont oublié d’aimer, qui ont été bercés par des romans et qui se rendent compte que la vraie vie est beaucoup moins marrante. Ils décident de se donner une dernière chance, pour se sentir vivant."

Politiquement incorrect. Dans cette pièce, des répliques misogynes fusent. Les femmes se moquent aussi des maris. Une signature chez Feydeau. Ce politiquement incorrect, la metteur en scène en a même "rajouté un peu. Dans les scènes de cabaret dans lesquelles chante Laurent Lafitte, le personnage de Bastien, les textes sont quand même limites. Mais il faut de l’irrévérence pour rendre audible Feydeau."

Après cette expérience "collective", elle voudra davantage se consacrer au jeu qu'à la mise en scène. "C’est une énergie dont j’ai besoin pour d’autres choses. J’aimerais jouer, être au service d’œuvres qui posent plus de questions que les films que j’ai joués jusqu’à maintenant", même si elle les a adorés, revendique-t-elle.