Gaston Lagaffe : "Ce qui marche dans une BD ne marche pas forcément à l'écran"

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Notre journaliste cinéma n'a pas aimé l'adaptation de la bande dessinée de Franquin, à l'inverse de Didier Pasamonik, historien spécialiste de bandes dessinées, qui juge le film "superbement réussi".

LE DÉBAT

Gaston Lagaffe sort mercredi au cinéma. Antihéros de BD légendaire, l'adaptation sur grand écran de Pierre-François Martin-Laval est attendue au tournant et commence déjà à diviser. La fille de Franquin, Isabelle, a même pris la parole pour dénoncer ce qui est selon elle  un "désastre". Dans Europe matin, Mathieu Charrier, journaliste cinéma d'Europe 1, et Didier Pasamonik, historien spécialiste de bandes dessinées, débattent de la question.

"Ce qui marche dans une bande dessinée ne marche pas forcément à l'écran". Pour Mathieu Charrier, le pari du réalisateur Pef n'est pas vraiment réussi. Si l'univers global de la BD, et en premier lieu les personnages, est bien respecté, le long-métrage fait un peu vieillot. "Une chaise-ressort qui vous propulse dans le plafond, cela peut être drôle avec le trait de Franquin sur une ou deux cases en BD, mais à l'écran, c'est un peu lourd", déplore le journaliste cinéma d'Europe 1.

"Ce qui marche dans une bande dessinée ne marche pas forcément à l'écran", estime Mathieu Charrier. "Lorsqu'Alain Chabat reprend Astérix, il prend clairement de la distance avec l'oeuvre : il la réinterprète avec son humour et son écriture. Dans le film Gaston Lagaffe, c'est quand même une succession de gags, mis les uns à la suite des autres : il n'y a pas une intrigue centrale et pas vraiment de fil conducteur", relève le journaliste.

"Un film superbement réussi". Didier Pasamonik est loin de partager cet avis. "J'ai ri en regardant ce film et à côté de moi, j'avais des enfants qui riaient aussi. On est vraiment dans une comédie tout public", affirme l'historien de la BD. "Je rejoins Isabelle Franquin lorsqu'elle dit que ce qui est dans la BD n'est pas à l'écran. Mais il ne faut pas confondre une oeuvre et l’interprétation d'une oeuvre", rappelle le spécialiste. "Un film est tout à fait autre chose qu'une bande dessinée : je trouve que ce film est superbement réussi, précisément parce que c'est un film de comédiens qui jouent sur le rôle des acteurs et c'est un point sur lequel Franquin était très sourcilleux", explique Didier Pasamonik.