Faut-il forcément lire le prix Goncourt ?

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Faut-il forcément lire le prix Goncourt ?
Sur les 20 dernières années, le Goncourt dépasse en moyenne les 345.000 exemplaires.@ AFP
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Le célèbre prix littéraire sera décerné jeudi, chez Drouant, à Paris. Faudra-t-il forcément l'acheter ? Europe 1 s'est posé la question pour vous.

LE DÉBAT

Le monde littéraire est en ébullition, à l'approche de l’annonce du prix Goncourt. Le verdict tombera vers 13 heures au premier étage du restaurant parisien Drouant, à Paris. Mais avant de connaître le lauréat du plus prestigieux des prix littéraires du monde francophone, Europe 1 ouvre le débat : faut-il forcément l’acheter ?

LES ARGUMENTS POUR

Une garantie de qualité. Pendant de nombreuses années, le jury du Goncourt a été accusé de clientélisme, préférant tel ou tel auteur davantage pour sa maison d’édition que pour son œuvre en elle-même. "Mais cette époque est révolue", assure Nicolas Carreau, chroniqueur littéraire à Europe 1. "Si on a tourné cette page, c’est en grande partie grâce au président des Goncourt, Bernard Pivot, gardien de l’indépendance de ce prix". N’oublions pas non plus que le lauréat sera choisi parmi plus de 500 livres publiés lors de la rentrée littéraire.

Pour le détester ou l’adorer. "Qu’on le veuille ou non, comme chaque année, ce livre fera énormément parler", prédit Nicolas Carreau. "Pour pouvoir en parler, que vous l’adoriez ou que vous le détestiez, il faudra bien le lire", poursuit-il. Ce prix, qui reste une aubaine pour les éditeurs, booste toujours les ventes. Sur les 20 dernières années, il dépasse en moyenne les 345.000 exemplaires.

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Une occasion de découvrir un auteur. "Comme il est extrêmement vendu, le livre qui va remporter le prix Goncourt va forcément être mis en avant par sa maison d’édition", explique le chroniqueur littéraire d’Europe 1. "C’est donc aussi un bon moyen de s’intéresser à un auteur que vous ne connaissez peut-être pas". Avec ce prix, l’éditeur va chouchouter son auteur. Ses autres écrits seront donc propulsés sur le devant de la scène.  

LES ARGUMENTS CONTRE

Un jury trop disparate. Les Goncourt comptent cette année deux nouveaux membres : Virginie Despentes et Eric-Emmanuel Schmitt. "Ces deux auteurs n’ont vraiment strictement rien à voir et leur public non plus", estime Nicolas Carreau avant de s’interroger : "comment réussiront-ils à se mettre d’accord ?".  Avec un choix aussi disparate du jury, le consensus paraît difficilement atteignable.

Ce n’est pas forcément votre choix. Autre argument qui pourrait peut-être vous dissuader d’acheter le Goncourt : ce n’est pas votre choix. "Ce n’est que le choix de 10 personnes qui composent le jury", abonde Nicolas Carreau. "Son prestige ne tient qu’à sa longévité et aux frères Goncourt. Mais si vous regardez parmi les 20 derniers lauréats, un certain nombre d’auteurs qui ont remporté ce prix sont tombés aux oubliettes depuis".

Qui sont les favoris ? Deux romancières publiées chez Gallimard, Leïla Slimani et Catherine Cusset, sont en pole position pour remporter jeudi le prix Goncourt. Ce pronostic, forcément hasardeux, est celui de 14 critiques littéraires contactés par le magazine spécialisé Livres Hebdo. A la question "qui aura le Goncourt?", six ont répondu Leïla Slimani, quatre Catherine Cusset, deux Gaël Faye et un Régis Jauffret. Une critique a préféré s'abstenir.