Éric-Emmanuel Schmitt : "J'écris d'un jet et après je retravaille énormément"

  • A
  • A
Partagez sur :

Mercredi, dans "Ça pique mais c'est bon", l'auteur de "L'homme qui voyait à travers les visages" est revenu sur son procédé d'écriture.

INTERVIEW

Difficile à croire que l'auteur de La femme au miroir, de L'Évangile selon Pilate ou de L'Homme qui voyait à travers les visages, a rédigé ces romans en une seule fois. C'est pourtant ce qu'a confié mercredi dans Ça pique mais c'est bon Éric-Emmanuel Schmitt, l'auteur aux multiples récompenses et jury du prix Goncourt. "J'écris d'un jet et après je retravaille énormément. Pour qu'il y ait une urgence. Pour que le lecteur ait envie de continuer, de la même façon que moi je suis dans la découverte de ce qui se passe. Pour qu'il y ait du mouvement et ça, on ne l'a qu'une fois", précise l'écrivain.

Le moment de l'artisan. "Après, on époussette, on sculpte, on polie, c'est un travail d'artisan. Il y a le moment de l'artiste, c'est le moment où l'on crée d'un seul jet et il y a le moment de l'artisan. On nettoie, on vérifie", détaille Éric-Emmanuel Schmitt.

La poudre d'or de son grand-père. Et il n'y a pas une des deux facettes de son travail que l'écrivain préfère à l'autre. "J'adore les deux car mon grand-père était artisan, c'était le grand amour de mon enfance. Et je le voyais toute la journée dans son atelier en train d'enchâsser des diamants dans des bagues", se souvient Éric-Emmanuel Schmitt. "A la fin de la journée, il enlevait son tablier. Dans son tablier, il y avait de la poudre d'or qu'il glissait dans une pipette de verre. Et moi je me moquais de lui. Je lui disais 'mais il y a rien'. Il est mort à 61 ans, ma grand mère s'est retrouvé veuve, avec une retraite d'artisan, autant dire la moitié de rien. Mais heureusement, la poussière d'or avait coulé six lingots, et elle a vécu de cette poussière d'or jusqu'à la fin de sa vie."