"Encore heureux" : face à la crise, jusqu'où est-on prêt à aller ?

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Dans "Encore heureux", Sandrine Kiberlain et Edouard Baer incarnent un couple confronté aux conséquences de la crise financière.

Sans emploi, dans un 20 mètres carrés à quatre dont ils vont bientôt être expulsés, Marie (Sandrine Kiberlain) et Sam (Edouard Baer) essayent comme ils peuvent de résister au manque d'argent qui les assaille. Mais jusqu'où est-on prêt à aller pour s'en sortir financièrement ? Le long-métrage de Benoît Graffin, Encore heureux en salles le mercredi 27 janvier et dont Europe 1 est partenaire, n'a de cesse de retourner la question et de mettre à l'épreuve la morale de toute la petite famille du film. Jusqu'alors, le réalisateur était surtout scénariste, notamment de La fille de Monaco, Hors de prix et Sans arme, ni haine, ni violence.

Scène cocasse dans le début du film. Sandrine Kiberlain, accompagnée de ses deux enfants (Alexia et Clément), vont faire les courses pour leur voisine. En échange de quoi sa fille, qui rêve d'intégrer un conservatoire à Bordeaux, peut s'entraîner au piano chez la dite voisine. Rapidement, un drôle de manège se met en place et la mère de famille rend ses enfants complices de vol dans le magasin. Une stratégie de la débrouille qui place le personnage de Sandrine Kiberlain face à un dilemme. Partagée qu'elle est entre le besoin de nourrir sa famille et celui de donner une bonne éducation à ses enfants.

"Biolay, inconnu ténébreux au portefeuille généreux"

Ces questions d'ordre moral, le film en est rempli. À l'alternative entre éducation et protection de la famille, succède celui entre déontologie personnelle et intérêt général familial, ou encore celui entre mariage et infidélité. Edouard Baer, au chômage depuis deux ans, ne met en effet pas beaucoup du sien pour trouver un emploi. La situation agace fortement Sandrine Kiberlain, qui se met à rêver d'un autre avenir et d'un autre homme. En l’occurrence, l'excellent Benjamin Biolay en inconnu ténébreux au portefeuille généreux.

Dans Encore heureux, la crise financière bouscule les cartes des règles que l'on s'impose. Les actes ne se justifient plus à l'aune des bonnes mœurs mais sur l'autel de la nécessité pour survivre. À tel point que lorsque l'horrible voisine, au mépris notable, fait un malaise, la question n'est pas de savoir comment l'aider, mais s'il faut le faire.