Emmanuelle Seigner : "Je trouve que l'on vit dans une époque pas du tout amusante"

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Chez Isabelle Morizet dimanche, la comédienne nous parle de la société actuelle mais aussi de son actualité, notamment à la télévision dans la nouvelle série de TF1 : "Insoupçonnable".

INTERVIEW

Emmanuelle Seigner est à l'affiche de la série événement de la rentrée sur TF1 : Insoupçonnable. Elle y partage l'affiche avec Melvil Poupaud et campe le rôle d'une criminologue. Chez Isabelle Morizet dimanche, elle évoque cette actualité, mais aussi la société actuelle, post-MeToo, qu'elle ne trouve "pas amusante du tout."

"C'est un peu un Colombo féminin". Le 13 septembre dernier, près de 5 millions de curieux ont assisté au lancement d'Insoupçonnable sur TF1. Cette adaptation de la série anglaise The Fall met en scène Emmanuelle Seigner dans un registre où on la connait peu. "Le rôle est exceptionnel, la série initiale est très bonne et l'adaptation est réussie", liste la comédienne au micro d'Europe 1. "Ils (la production, ndlr) ont réussi à faire une véritable adaptation française, en gardant l'ADN et le concept de la série originale qui est assez transgressive et sombre", souligne Emmanuelle Seigner.

Devant la caméra, elle incarne une criminologue hors des codes habituels. "C'est un peu un Colombo féminin", décrit la comédienne, "elle a un côté un peu décalée, comme dans un film de David Lynch, c'est ça que j'aimais bien."

Actrice presque malgré elle. C'est la première fois qu'on retrouve Emmanuelle Seigner dans une série TV. Elle qui a commencé par le mannequinat confie comment elle s'est lancée dans le métier de comédienne. "Je n'avais pas envie d'être actrice, mais c'est venu à moi d'une manière très spontanée", explique-t-elle. "Au début, c'est comme si je résistais à quelque chose, car c'était tellement présent dans ma famille, où tout le monde était acteur. (...) Mais quand on est adolescent, on veut toujours faire l'inverse de ce que veut la famille", confie Emmanuelle Seigner.

Emmanuelle Seigner s'est finalement laissée convaincre, en débutant en 1985 dans Détective de Jean-Luc Godard, puis en tournant pour Roman Polanski en 1988, dans Frantic. Elle épousera le cinéaste un an plus tard. La comédienne a ensuite continué sa carrière et a toujours revendiqué cette liberté, alors même qu'elle concède qu'elle aurait pu se contenter d'être "la femme de" et "faire du tricot avenue Montaigne". "Je sais qu'il y a des femmes qui sont très heureuses d'élever leurs enfants, mais moi, je ne pense pas que j'aurais pu m'épanouir en ne faisant que ça".

Entendu sur Europe 1
Les hommes ont toujours été lourds, depuis toujours, et parfois ce n'est pas bien

"Dans le monde d'aujourd'hui il y a très peu de séduction". Emmanuelle Seigner avait déclaré dans Paris Match en septembre qu'elle était une "punk structurée". Dans le même entretien, elle avait expliqué qu'elle trouvait la période post-MeToo complexe. "Je trouve que l'on vit dans une époque pas du tout amusante, (...) où tout est lisse, où on n'a plus le droit de rien dire, de regarder une femme, je trouve ça triste", déplore-t-elle.

"Les hommes ont toujours été lourds, depuis toujours, et parfois ce n'est pas bien. Mais la séduction est très importante et dans le monde d'aujourd'hui, il y a très peu de séduction", affirme la comédienne. Elle prend en exemple les Etats-Unis et certains codes de bonne conduite dans les entreprises. "Dans les grandes agences américaines, un homme n'a plus le droit de regarder une femme plus de trois secondes, sinon elle peut l'attaquer pour harcèlement. C'est un délire !", s'agace Emmanuelle Seigner.