Emmanuelle Bercot sur "La Fille de Brest" : "C'est un dossier chaud. Il fallait faire attention"

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Après "Mon Roi", Emmanuelle Bercot présente "La fille de Brest", un film sur l'affaire du Médiator. La réalisatrice était l'invitée d'"Un dimanche de cinéma".

INTERVIEW

En 2009, la pneumologue Irène Frachon, qui travaille dans un hôpital de Brest, établit un lien direct entre des décès et la prise d'un médicament, le Médiator. Elle enquête puis se lance dans un long parcours du combattant contre le laboratoire Servier qui produit le médicament. C'est cette histoire que raconte Emmanuelle Bercot dans le film La fille de Brest, en salles le 23 novembre.

Adopter le point de vie d'Irène Frachon. S'attaquer à ce scandale n'a "pas du tout" fait peur à la réalisatrice. Ce qui en revanche aurait pu la faire hésiter, c'est ce que "c'est une histoire extrêmement complexe, pleine de rebondissements, d'intervenants, et qu'il fallait résumer cinq ans d'affaires en deux heures de film, le rendre accessible alors qu'au départ c'est technique, médical." C'était aussi complexe car l'affaire n'a toujours pas été jugée pénalement. "C'est un dossier chaud. Il fallait faire attention." Plutôt que le procès du Médiator, la cinéaste a fait le "portrait d'une femme exceptionnelle, Irène Frachon. Tout est raconté de son point de vue, donc je en prends aucun risque juridique dans la façon dont j'ai choisi de traiter cette affaire."

Catherine Deneuve lui parle de l'héroïne de Borgen. Deux rencontres ont été déterminantes pour Emmanuelle Bercot : celle de la pneumologue bien entendu, qui a vécu "l'affaire comme un thriller, qui a eu très peur", mais aussi celle de l'actrice qui l'incarne, la Danoise Sidse Babett Knudsen. "Je n'arrivais pas à projeter l'une de nos actrices françaises dans ce personnage et Catherine Deneuve m'a parlé de cette actrice de Borgen." Vue à travers l’œil de la pneumologue, l'affaire médicale devient un polar. Un choix délibéré. "Je ne voulais absolument pas que ce soit documentaire", glisse la cinéaste.

L'envie d'être chirurgien. Néanmoins, avec deux scènes médicales, dont une autopsie, le tournage a permis à Emmanuelle Bercot de renouer avec une de ses anciennes envies, celle d'être chirurgien comme son père. "À 15-16 ans, mes mercredis, samedis, dimanches, quand mon père était de garde, je les passais au bloc opératoire. Mon père m'a pas mal dissuadé. Je regrette. En tant que cinéaste, j'ai pu toucher du doigt ce métier que j'ai une frustration de ne pas avoir fait."