Dheepan, du "très très grand Audiard"

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CRITIQUE - Sacré Palme d'or à cannes en mai, le film de jacques Audiard sort mercredi en salles. Notre spécialiste l'avait adoré. 

Jacques Audiard a battu des records de récompenses au cours de sa carrière. Le réalisateur a notamment reçu neuf César au total, deux pour le meilleur film, deux pour le meilleur réalisateur, quatre pour le meilleur scénario, un pour la meilleure première œuvre. Son dernier film, Dheepan, qui sort mercredi, n'a pas échappé à la règle puisque Jacques Audiard a décroché cette fois la Palme d'or.

Le réalisateur, invité lundi du premier Europe 1 Social Club de la saison, a évoqué la collaboration avec son père, Michel Audiard, disparu il y a 30 ans, mais aussi l'histoire de Dheepan. Le film raconte les pérégrinations d'un 'Tigre Tamoul', un ancien soldat de la guérilla qui a ensanglanté le Sri Lanka pendant un quart de siècle. L'homme tente de fuir le pays avec une femme et une petite fille rencontrées par hasard. Le trio se fait alors passer pour une famille, espérant ainsi obtenir l'asile politique en France. Mais l'ancien soldat, devenu concierge dans une barre d'immeuble tenue par des dealers, va voir ressurgir ses vieux démons. Gros plans sur les visages, scènes d'intimité, face-à-face intenses, instants tragiques ou accents de polar, les images de la bande-annonce évoquent, déjà, la densité des films de Jacques Audiard (De rouille et d'os, De battre mon cœur s'est arrêté). Notre spécialiste cinéma Bruno Cras avait vu le film sur la Croisette lors de sa présentation à la presse.

Le film est éblouissant "au niveau de la forme", assurait Bruno Cras à la sortie de la projection, à Cannes. Notre journaliste soulignait la qualité indéniable de grand cinéaste de l'auteur d'Un Prophète. "Il sait faire de très belles images mais n'en abuse pas". Dheepan est à la fois beau et plein de finesse, avait-t-il précisé. Bruno Cras avait aussi tout particulièrement salué le jeu "remarquable" de l'acteur -pourtant amateur- qui s'est glissé dans la peau du héros Tamoul. Le Sri-Lankais Antonythasan Jesuthasan (voir la photo) pouvait même prétendre au prix d'interprétation selon notre journaliste. Celui-ci avait finalement été attribué à l'acteur français Vincent Lindon pour sa prestation dans La loi du marché de Stéphane Brizé. Dheepan est sans hésitation "un très, très grand Audiard", avait conclu Bruno Cras qui ne s'était pas trompé en pariant que le film "serait au Palmarès". Reste à savoir comment le public va l'accueillir.