"Des jours sans fin" et "Sans lendemain" : les coups de cœur des libraires

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Chaque week-end sur Europe 1, dans "La voix est livre", avec Nicolas Carreau, deux libraires partagent leurs coups de cœur.

DANS VOTRE BIBLIOTHEQUE

Chaque semaine, des libraires extraient des pépites de leurs rayonnages. Ce samedi, Anne-Sophie Rouveloux, de la librairie "Chroniques", à Cachan, et Anna Schulmann, de la librairie "L'Ecriture", à Vaucresson, nous dévoilent leurs choix dans La voix est livre, sur Europe 1.

Des jours sans fin de Sebastian Barry, aux éditions Joëlle Losfeld

"C'est un roman absolument magnifique, une vraie expérience de littérature. C'est l'histoire de Thomas McNulty, un jeune Irlandais qui a fui la famine et qui s'embarque sur un bateau à destination de l'Amérique. Il arrive d'abord au Canada puis dans les grandes plaines de l'ouest américain. Il rencontre un jour, par hasard, un jeune homme. Leurs destinées seront liées à jamais, puisque ce "beau John Cole" comme il l'appelle deviendra l'ami et l'amour de sa vie. Après avoir passé quelques temps à se travestir pour divertir des mineurs dans un cabaret, ils s'engagent tous les deux au côté de l'Union (contre les Etats confédérés, ndlr.) pendant la guerre de Sécession. L'ennemi commun entre les deux parties, dans cette guerre, sont les indiens. Ces deux hommes finissent par adopter une petite fille Siou, dont le clan a été décimé. Et ils deviennent tous les trois une famille un peu étrange mais bouleversante d'amour. C'est Thomas qui raconte l'histoire dans une langue candide mais très crue, d'une violence inouïe. Ce livre est le portrait de l'Amérique et par extension, celui de l'Humanité. On y voit l'absurdité de la guerre mais aussi les beaux paysages traversés dans différents Etats et surtout, l'amour inconditionnel, à toute épreuve. C'est magnifique." (Anna Schumann).

Sans lendemain de Jake Hinkson, aux éditions Gallmeister

"C'est le dernier ouvrage de Jake Hinkson. J'insiste fortement sur le nom de l'auteur, il fait des pépites. C'est un roman noir sublime dans un style concis, génialissime. Une fois qu'on a commencé, on ne peut pas lâcher. C'est lui qui avait fait par exemple L'enfer de Church street, qui avait eu le prix mystère de la critique. Il avait aussi écrit L'homme posthume, qui était exceptionnel avec une fin incroyable. Pour celui-là, on est dans les années 40 aux Etats-Unis. On suit une femme qui s'appelle Billie. Elle sillonne les routes pour vendre des bobines de films aux salles de cinéma. Elle a essayé de faire son trou à Hollywood, ça n'a pas trop fonctionné, mais tout le monde lui dit de faire attention, de ne pas trop s'aventurer en tant que femme seule. Elle s'arrête finalement dans l'Arkansas et va tomber sur un pasteur aveugle et pas commode du tout. Pour lui, le cinéma, c'est le diable. Elle s'accroche quand même, lui explique qu'il faut diffuser des films. Et en allant lui parler, elle voit sa femme qui s'appelle Amberly, qui est magnifique et dont elle va tomber amoureuse, follement amoureuse. Les ennuis commencent : 'accident' de la route, huis clos..." (Anne-Sophie Rouveloux).

L'auteur sera en dédicaces à la librairie de Cachan le 9 février à 19h.

Le manuscrit J'accuse de Zola réédité

Les éditions des Saint-Pères publient le manuscrit de J'accuse de Zola paru le 13 janvier 1898 dans le Journal L'Aurore. "C'est un texte mythique pour prendre la défense de Dreyfus. Il y a 39 pages et c'est très émouvant de voir cette écriture directe, avec quelques ratures. C'est un tirage limité, mais aussi un beau cadeau précieux (100 euros)." (Nicolas Carreau).