Décès du cinéaste et écrivain Alexandre Astruc

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Décès du cinéaste et écrivain Alexandre Astruc
Le cinéaste et écrivain Alexandre Astruc, à Cannes, en 2011@ AFP
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L'un des pères spirituels de la Nouvelle Vague est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi, à l'âge de 92 ans.

Le cinéaste et écrivain Alexandre Astruc est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi, à Paris, à l'âge de 92 ans.

Le concept de "caméra-stylo". Figure du Saint-Germain-des-Prés d'après-guerre, Alexandre Astruc était surtout connu pour être un des pères spirituels de la Nouvelle Vague, ce mouvement cinématographique qui a redessiné le paysage du septième art en France et dans le monde. Dans son texte Naissance d'une nouvelle avant-garde, il théorise le concept de "caméra-stylo", où il définit le cinéma comme un art autonome, un véritable moyen d'expression au même rang que la peinture ou encore la littérature. Il hésitait, lui-même, à se définir comme "un metteur en scène qui aurait écrit des livres ou un écrivain qui aurait réalisé des films".

Passionné par Rossellini et Hitchcock. Né le 13 juillet 1923 à Paris, Alexandre Astruc, passionné de mathématiques, renonce à Polytechnique et, saisi par le démon de la littérature, multiplie les articles dans les revues de la zone libre pendant les années noires de l'occupation. Après la Libération, il rencontre Sartre, Camus, Juliette Gréco, fréquente les cinémas de la Rive gauche et s'enthousiasme pour Bresson, Rossellini, Hitchcock et Orson Welles, futurs cinéastes cultes de la Nouvelle Vague.

Cinéma, littérature, télévision. Alexandre Astruc alterne films, romans et essais : Confluences, Poésie 44 ou Les vacances, publié par Gallimard en 1945, sont le prélude à Le rideau cramoisi, une adaptation cinématographique de Barbey d'Aurevilly, couronné par le Prix Louis-Delluc en 1951.

Dans les années 70, Alexandre Astruc tourne pour la télévision, notamment un documentaire sur Sartre, Sartre par lui-même" et des téléfilms tirés d'Edgar Allan Poe ou Balzac. Revenu à l'écriture, il avait récemment publié Le roman de Descartes (1989), une anthologie de ses textes critiques et ses mémoires, Le montreur d'ombres (1996).