"De l'autre côté des montagnes" et "Le vrai lieu" : les coups de cœur des libraires

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Chaque week-end sur Europe 1, dans "La voix est livre", avec Nicolas Carreau, deux libraires partagent leurs coups de cœur.

DANS VOTRE BIBLIOTHEQUE

Chaque semaine, des libraires extraient des pépites de leurs rayonnages. Ce samedi, Christophe Daniel, de la librairie "La 25e heure", à Paris, et Anaïs Ballin, de la librairie "L'Ecriture", à Vaucresson, nous dévoilent leurs choix dans La voix est livre, sur Europe 1.

De l'autre côté des montagnes de Kevin Canty, chez Albin Michel

"C'est le roman d'un auteur américain. On est à Silverton, un petite bourgade de l'Idaho, en 1972. Toute l'activité de cette ville tourne autour de l'exploitation d'une mine d'argent. Tous les hommes y travaillent. La vie est rude, les soirées sont alcoolisées au bar du coin et se terminent souvent en bagarres. Le dimanche se passe à l'église. Les mariages ont lieu au sortir de l'adolescence pour le meilleur et souvent pour le pire. Quand on a 18 ans, soit on décide en se faisant violence de quitter Silverton, soit on continue à vivre cette destinée toute tracée. On va suivre quatre personnages, dont David qui fait le choix de quitter l'Idaho pour étudier dans le Montana. Mais à Silverton, il va se passer une catastrophe dans la mine : un incendie qui va faire des dizaines de victimes. Le roman raconte le retour à la vie après la catastrophe. L'écriture est pleine d'empathie et d'humanité mais très épurée. On n'est pas du tout dans le pathos. Ce n'est pas Germinal." (Christophe Daniel).

Le vrai lieu d'Annie Ernaux, en poche chez Folio

"C'est une retranscription d'entretiens avec la réalisatrice Michelle Porte, notamment connue pour ses documentaires sur Virginia Woolf et Marguerite Duras. En 2014, elle réalise un autre documentaire sur Annie Ernaux qui s'appelle Les mots comme les pierres et la romancière a publié le texte retravaillé de cet entretien-là. Dans l’avant-propos, Annie Ernaux parle de la violence et de la difficulté de l'exercice face caméra. C'est quelque chose que l'on va sentir dans l'écriture. En même temps, cette transcription apporte quelque chose de génial. Dans cet inconfort, ça amène une densité, une urgence et une fluidité dans le dialogue que l'on sent à chaque phrase. Ce livre va illuminer l'oeuvre d'Annie Ernaux mais aussi dire plein de choses sur la société, le monde. Elle va parler de féminisme, de l'acte d'écrire, de ses parents, de ce que représente venir d'un milieu social rural pour ensuite devenir professeur. C'est génial et ce qui m'a marquée en le lisant, c'est qu'elle dit tout le temps 'je crois que...' avec une humilité et une justesse incroyables. C'est très beau." (Anaïs Ballin).