David Grimal, le violoniste qui "raccommode la société"

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Ce violoniste reconnu s'investit dans des projets singuliers, dont des concerts auxquels sont invités des sans-abris.

INTERVIEW

Il joue dans les plus prestigieuses salles du monde, a créé un orchestre sans chef mais le violonniste David Grimal organise aussi des concerts pour les sans-abris et les personnes précaires. Ce dernier engagement est le fruit d’une association qu’il a co-fondée, Margéniaux et pour laquelle il se produira, comme l’ont fait beaucoup d’autres avant lui, le 19 février en l’église Saint-Leu, dans le premier arrondissement de Paris.

"Une chaleur extraordinaire". "C’est une émotion particulière", raconte-t-il sobrement mardi dans la Matinale d'Europe 1. "Il y a une chaleur tout à fait extraordinaire qui se dégage dans cette église qui est, de l’avis de tous les artistes qui viennent jouer, magique." Les spectateurs, à la fois des sans-abris invités et des mélomanes qui ont payé leur place, sont "bouleversés par la beauté de la musique". Avec Margéniaux, le violoniste ne veut pas faire de la charité à laquelle il "ne croit pas", mais aider des personnes qui ont un projet de réinsertion, leur transmettre "une énergie positive". C’est à force des croiser des sans-abris dans le quartier des Halles, où il habitait à l’époque, que le musicien a eu l’idée de créer Margéniaux. "J’étais choqué par la situation dans la rue. Je me suis dit 'Qu’est-ce que je peux faire avec ma musique pour agir ?'"

"Retrouver de la fraîcheur". Alors qu’il était au conservatoire, David Grimal a étudié pendant une année à Sciences Po. "Quand j’étais plus jeune, je me posais la question du sens de ma présence sur cette Terre", répond-il. Dans le même esprit, il est le fondateur et le directeur de l’ensemble Dissonances, qui revendique le qualificatif de "collectif". Et pour cause : il n’y pas de chef pour mener le groupe à la baguette. Encore une volonté de refaire le monde ? Le musicien évoque avec retenue et modestie son désir de "retrouver de la fraîcheur, retrouver de la spontanéité, retrouver les autres". Il y a une même logique dans le fait de "raccommoder la société et de faire de la musique ensemble sans la verticalité habituelle du chef d’orchestre", confie-t-il. "C’est quelque chose de différent. Le contact entre les musiciens est extrêmement fort."