Dany Boon raconte la scission dans sa famille maternelle

  • A
  • A
Partagez sur :

Le réalisateur s'est livré au micro d'Isabelle Morizet, racontant des moments difficiles dans son passé familial. Des instants qui l'ont aussi construit en tant qu'acteur-réalisateur.

INTERVIEW

Père de cinq enfants, Dany Boon a évoqué sa famille dans l'émission Il n'y a pas qu'une vie dans la vie alors qu'il était invité à l’occasion de la sortie de son film Raid dingue. Au micro d'Europe 1, le réalisateur a notamment raconté comment il avait essayé de reprendre contact avec son grand-père, un moment qui aurait pu faire partie d'un film.

"Il s'est appuyé sur le bâti de porte et il l'a claquée".A 15 ans, Dany Boon décide de sonner chez son grand-père maternel, un aïeul qui l'avait rayé de son existence au prétexte que son père était kabyle. "Je me disais qu'il fallait que je le rencontre. Il était assez souffrant. C'était quelques mois avant sa mort", explique l'acteur. Arrivé à la bonne adresse, quelqu'un ouvre la porte. "J'ai bien vu qu'il m'avait reconnu parce que je ressemble à ma mère. Il s'est levé, il est venu vers moi, il s'est appuyé sur le bâti de porte et il l'a claquée. Ce qui est fou, c'est qu'il a pris cette énergie pour venir fermer la porte", s'étonne encore le comédien.

Surpris. "Je ne savais pas ce qu'il allait faire, je voulais lui parler, poursuit Dany Boon. Je trouve ça très théâtral. Il aurait pu me dire de partir, mais il ne voulait même pas parler, il voulait nier l'existence de ses petits-enfants. Ce sont des moments importants. J'étais tellement surpris que ça m'a fait rire qu'il prenne cette énergie pour venir claquer la porte."

"Dramaturgie extraordinaire". Cette anecdote renvoie l'acteur vers un autre moment de son passé, encore plus marquant : le mariage de son oncle. "Je devais avoir 5 ans, ma mère s’habille en dimanche, elle nous habille en dimanche et on va au mariage de son frère, sauf qu'elle est bannie de la famille. On est sur le parking face à l'hôtel de ville et ma mère n'a pas le droit de traverser la route. Je vois ma mère pleurer à la fois de joie et de tristesse. J'en ai un souvenir très précis. Ce sont des moments qui m'ont construit dans le bon sens. La dramaturgie est extraordinaire, c'est une scène de film."