Clovis Cornillac : "La réalisation prend une telle importance dans ma vie, c’est obsessionnel"

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L'acteur, aussi réalisateur, a mis en scène le troisième volet de "Belle et Sébastien". Il a raconté son expérience et ses autres passions à Nikos Aliagas sur Europe 1.

INTERVIEW

Au pied de Beaubourg, devant le pouce doré du sculpteur César installé sur le parvis en novembre 2017, on retrouve Clovis Cornillac. La sculpture est un joli clin d’œil à la récompense de meilleur second rôle masculin que l'acteur a obtenu en 2005 pour le film Mensonges et trahisons. Treize ans plus tard, le comédien est aussi devenu réalisateur et se sent happé par ce nouveau plan de carrière. Pour évoquer son nouveau film, le troisième volet de Belle et Sébastien, dans lequel il incarne le méchant et qu'il a mis en scène, il a donné rendrez-vous à Nikos Aliagas pour l'émission En balade avec.

Son César dans son bureau. Beaubourg, pour Clovis Cornillac, c'est d'abord un endroit près de chez lui. Qui plus est, "le lieu est dément. Je ne peux pas dire que je trouvais ça beau, mais maintenant, tu m’enlèverais ce lieu culturel, il y aurait un vrai manque. Qu’ils aient mis le pouce devant, je trouve ça super chouette", décrit-il.

La pièce fait six mètres de haut, autant dire qu'elle est largement plus imposante que le trophée de cinéma qui trône dans ses bureaux. Mais la statuette a son importance : "C’est un objet que j’aime bien. On t’offre une œuvre d’art", dit-il. Paris est sa ville, depuis que ses parents sont arrivés à Vanves, alors qu'il était enfant. Mais il l'affirme : "Moi je suis un provincial, né à Lyon. Je pense sincèrement que la province est une femme fidèle et que Paris est une courtisane... pour être poli."



Féru de polars. Le vocabulaire est brut. Mais dans cette capitale, il a néanmoins ses lieux phares. Il s'y balade souvent à pied, emmène Nikos à quelques pas, dans sa librairie de quartier, "Les cahiers de Colette". En chemin, il raconte qu'enfant, il ne se rêvait pas forcément acteur, même s'il admirait Steeve McQueen ou enviait le charisme de Charles Branson, Depardieu, Dewaere ou Gabin. Il souhaitait juste être "grand, adulte, je voulais être dans la vie. J’avais cette envie d’être autonome", glisse-t-il. Arrivé dans les rayonnages, il vise les polars. "Je suis un grand féru de littérature policière. Tous les Dennis Lehane, tu peux y aller les yeux fermés", conseille-t-il, avant de citer encore Donald Westlake et Jo Nesbo.

Entendu sur Europe 1
Ce qui peut m’intéresse, ce n’est pas tellement le côté acteur mais l’histoire. Je me demande à quoi je vais servir dans le film.

"Un an et demi de ma vie, 14h par jour". Quand il évoque son métier, il parle de "foi". Lui change de rituel à chaque tournage, que ce soit manger des pâtes à 5h du mat ou ne rien manger du tout. Pour Belle et Sébastien, en salles, le 14 février, il joue le méchant - chauve avec cheveux longs sur le côté - mais surtout, il réalise. "La réalisation prend une telle importance dans ma vie, c’est tellement obsessionnel. Ce qui peut m’intéresser, ce n’est pas tellement le côté acteur mais l’histoire. Je me demande à quoi je vais servir dans le film. Si le méchant n’est pas à la hauteur, mes héros m’ennuient. Là, j’ai passé un an et demi de ma vie, peut-être 14h par jour, à n’être que là-dedans (la réalisation du film, ndlr.). Les gens payent leur billet, ils s’en foutent de savoir. Mais c’est une partie de toi très intime."


Après avoir acheté quelques polars, il emmène Nikos chez un caviste, Wine Touch, rue Quincampoix, à quelques encablures. "Je suis un amoureux de vin. Pour plein de raisons, le travail des hommes, la vinification depuis des siècles, la terre, les plantes… ". On retrouve son côté passionné. Ils goûtent ici un Saint-Emilion, maison Rivière. Encore une fois, le langage est brut : "C’est un vin hyper net, simple, agréable. Il ne te bouscule pas, tu ne lui dois pas de pognon, à lui", s'amuse-t-il. 

Découvrez la bande-annonce du film :