César : "On n'honore pas le cinéma populaire"

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Les journalistes Philippe Dana et François Aubel évoquent le "snobisme" de la cérémonie des Césars. 

La cérémonie des César, qui se déroule vendredi soir au Théâtre du Châtelet à Paris, est largement critiquée, pour sa longueur notamment mais aussi pour son côté trop élitiste. Le palmarès des César manque-t-il de films populaires ? N'est-il pas assez représentatif du cinéma français ? Pour en débattre, Philippe Dana, journaliste et longtemps voix off des César jusqu'en 2009, et François Aubel, rédacteur en chef du service culture au Figaro, étaient les invités du Grand direct des médias vendredi sur Europe 1.

  • La cérémonie des César est-elle élitiste ?

"La cérémonie des César sert à célébrer le cinéma. C'est une fête entre amis, un peu snob, où la famille du cinéma reste entre soi, affirme François Aubel. Mais c'est un mal nécessaire, car il faut célébrer le cinéma français. J'ai un problème sur le format, car le format de la cérémonie a mal vieilli. Un discours de 2,30 minutes, c'est long et ça peut être pénible." Philippe Dana, ancien présentateur de Canal+, tempère : "Les intermittents sont présents chaque année, comme dans toutes les cérémonies, ils veulent faire entendre leur voix."

  • Le palmarès est-il éloigné des goûts du public ?

"Je trouve que ce soir, il y a une grande variété dans les propositions qui sont faites. Après ça dépend des années : il y a des années où les goûts du public sont représentés et d'autres pas. Amélie Poulain a été récompensé et avait également eu les faveurs du public. Cette année, je trouve que c'est assez diversifié", estime Philippe Dana. "Il y a une vraie vitalité, c'est très équilibré, très ouvert avec des films plutôt sociaux, qui montrent la qualité du cinéma français", poursuit François Aubel.

  • Y a-t-il de la place pour les comédies aux César ?

"Je vois une exception : Guillaume et les garçons à table a fait un carton, mais c'est l'exception qui confirme la règle car on n'honore pas le cinéma populaire", affirme-t-il avant d'ajouter : "Il y a une vieille lune aux César de créer un prix public mais ça n'a jamais été fait. Peut-être qu'on a peur de célébrer Baby Sitting 2 ou Aladin avec Kev Adams. C'est vrai qu'on reste quand même sur un cinéma élitiste, mais en même temps La loi du marché par exemple a fait un million d'entrées". "Il y a déjà eu des comédies récompensées, comme Les Inconnus", modère Philippe Dana. Mais "c'est assez rare", conclut François Aubel.