Ces Français mordus d’Eurovision

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Ces Français mordus d’Eurovision
Ils sont nombreux à faire le voyage chaque année pour assister à la finale de l'Eurovision@ Reuters
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A l’approche de la finale, Europe1.fr est allé à la rencontre de ces passionnés d’Eurovision.

"C’est une grosse fête. C’est un peu comme les Miss France, on aime détester, mais on adore regarder". L’Eurovision a beau pâtir d’une mauvaise réputation dans l’hexagone, ils sont nombreux, comme Franck, à se passionner pour ce grand concours européen de la chanson organisé annuellement depuis 1956.

Des fans organisés

C’est notamment à travers une association, Eurofans, que les amoureux du concours se sont réunis. Ce club fondé en 1995, compte plus de 300 membres, auxquels s'ajoutent de nombreux francophones ou francophiles un peu partout dans le monde. Des réunions ont lieu régulièrement, durant lesquelles les fans trouvent enfin le temps d'échanger et de partager leurs impressions. L’association est majoritairement composée d’hommes, plutôt quarantenaires, avec pour certains une fascination pour l’Eurovision qui remonte à la petite enfance.

Si beaucoup de Français se plaisent à regarder le concours depuis leur salon, les fans de l’Eurovision n’hésitent pas à faire le voyage pour vivre l’évènement sur place. Qu’est-ce qui leur plaît donc tant dans l’Eurovision ?

"Une grande fête à l’échelle européenne"

"C’est le fait de voir une grande fête à l’échelle européenne qui motive", explique Olivier, membre d’Eurofans depuis 2009. Pour d’autres, comme Franck, c’est également " l’énorme suspense au moment du vote" ou encore le fait de voir "25 artistes avec des styles différents, en live pendant quatre heures". "Il n’y a pas que la musique française ou anglaise qui existe, il y a plein d’autres pays qui font de bonnes choses" glisse celui qui a décidé de faire partager sa passion sur Internet, en créant en 1999 le site www.eurovision-fr.net, véritable bible de l’Eurovision.

Beaucoup n’envisagent d’ailleurs pas de vivre ces "Jeux Olympiques de la chanson" à moitié. "Ça nous occupe quasiment toute l’année. Certains membres sont vraiment à fond. Ils se lèvent, ils vivent, ils se couchent Eurovision !", raconte avec excitation Olivier, membre d'Eurofan arrivé mardi à Düsseldorf pour assister aux demi-finales.
Et puis il y a ceux pour qui l’Eurovision n’a pas de prix. Gilles, "fan de l’Eurovision depuis 40 ans" en est la parfaite illustration. Ce musicien dans l’âme admet avoir déboursé 500 euros pour passer deux jours en Allemagne et assister aux festivités. Pour être dans le feu de l’action le soir de la finale, il n’a pas hésité à payer sa place à 189 euros.

Ringards, eux ?

Mais ils sont nombreux à assumer complètement leur passion et se plaisent d’ailleurs à rappeler qu’ "il y a des pays où l’Eurovision est l’évènement de l’année".
Une passion qu’il n’est pas toujours facile d’assumer. Parce que les Français lui collent une image ringarde, certains fans ne cachent pas leur frustration. "C’est très dur d’être fan du concours en France", admet Gilles.

Les fans tiennent-ils leur revanche ?

Mais cette année, les fans de l’Eurovision ont toutes les raisons de se débarrasser de cette étiquette de ringards. Tout simplement parce que le représentant de la France, Amaury Vassili est donné gagnant par les bookmakers anglais et que la France n’a pas gagné depuis 1977. "On ne parle que de lui ici", confirme un fan.
Olivier sent lui aussi le vent tourner. "La délégation française a de moins en moins de mal à vendre l’Eurovision aux maisons de disque". Chez Eurofans, l’optimisme est de rigueur. "Ça fait deux ou trois ans que le nombre de membres de l’association augmente", se félicite Olivier. Cet agent municipal de 33 ans se met à rêver. "Si on gagne cette année, ça va exploser !".

Quant à Franck, son site Internet a de beaux jours devant lui. "En temps normal, nous avons 3.000 visiteurs par jour. En ce moment, on est au-delà des 15.000. On en attend entre 60 et 70.000 ce week-end". Il paraît même qu’une descente sur les Champs-Elysées est prévue samedi en cas de victoire de la France. Ringard, vous avez dit ringard ?