Ces cinq moments où Claude Rich nous a fait rire

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Ces cinq moments où Claude Rich nous a fait rire
Claude Rich dans "Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre"@ DR
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L'acteur Claude Rich s'est éteint jeudi à 88 ans. Brillant acteur de théâtre, il savait également faire rire au cinéma. La preuve en cinq scènes (très) drôles.

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C'est une figure et surtout une voix du cinéma français qui s'en va. Claude Rich est décédé jeudi soir à 88 ans, des suites d'une longue maladie. Brillant comédien de théâtre depuis les années 1950 (il a reçu cinq nominations aux Molière), le natif de Strasbourg avait ensuite séduit le cinéma grâce à son sourire naïf et sa voix légèrement voilée. Avec près de 80 films en 50 ans de carrière, il s'était fait un nom et avait reçu un César du meilleur acteur en 1993 pour Le Souper. Mais Claude Rich avait aussi tourné de nombreuses comédies qui ont fait de lui un acteur populaire. Hommage à ce grand comédien, en cinq madeleines hilarantes.

  • Les Tontons Flingueurs (1963)

Déjà acteur de théâtre depuis le début des années 1950, Claude Rich se lance rapidement dans le cinéma. Il a 34 ans quand il intègre le casting des Tontons Flingueurs, de George Lautner. Il interprète Antoine, le petit ami de la fille d'un gangster rugueux (Lino Ventura). Dandy précieux et passionné de musique classique, il incarne à lui seul un des ressorts comiques de ce film devenu culte. En effet, le contraste entre son personnage et celui du bourru Fernand Naudin donne lieu à plusieurs scènes mémorables.

La plus célèbre reste certainement celle où Fernand Naudin rentre chez lui passablement énervé et trouve sa fille dans les bras d'Antoine, en train d'écouter les sonates de Corelli. Lino Ventura tente tant bien que mal de rester aimable ("L'homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois") mais l'insolence de Claude Rich qui se lance dans une thèse sur les tenants et les aboutissants de la musique douce, aura raison de ses nerfs. Un dialogue savoureux, signé Audiard évidemment.

  • Oscar (1967)

Propulsé en pleine lumière, Claude Rich enchaîne les seconds rôles, notamment dans Paris brûle-t-il ?, de René Clément, où il incarne le général Leclerc. Mais c'est à nouveau dans une comédie, Oscar, qu'il brille en 1967, aux côtés de Louis de Funès (adaptation d'une pièce de théâtre). C'est encore un rôle de futur gendre. Il interprète Christian Martin, employé du promoteur immobilier Bertrand Barnier et également amant caché de sa fille.

La révélation de l'amour secret va faire tourner en bourrique un Louis de Funès déchaîné. Là aussi, tout est question de contraste, entre un Claude Rich grand et propret et un De Funès petit et hystérique. L'une des meilleures scènes d'Oscar, petit bijou d'écriture comique, est d'ailleurs la confrontation entre les deux hommes.

  • Promotion Canapé (1990)

Après avoir multiplié les tournages et les représentations théâtrales pendant deux décennies, Claude Rich ralentit le rythme au tournant des années 1980. L'année 1990 sera celle de son grand retour. Sur scène, il joue dans Le Souper, pièce qui sera adaptée sur grand écran en 1993, avec un César à la clé pour lui. La même année, il passe une tête dans Promotion Canapé, comédie de Didier Kaminka.

Dans ce film, il est Ivan, détestable inspecteur principal d'un bureau des PTT qui n'hésite pas à proposer à ses employées féminines des promotions en l'échange de faveurs. Imbu de lui-même et sûr de son autorité sur les jeunes femmes, il se décompose quand l'une d'entre elles lui révèle que la rumeur court dans le bureau qu'il est un "mauvais coup". Et ça donne une scène très drôle, rien que pour le visage de Claude Rich.

  • Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre (2002)

Les plus jeunes ont découvert Claude Rich dans le cultissime Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre. Sous les traits du druide Panoramix, c'était lui qui lançait la célèbre réplique "C'est une bonne situation ça, scribe ?", prélude au monologue délirant d'Édouard Baer/Otis. Le passage où on le voit se faire graver le profil à l'ombre des pyramides en discutant de la météo en Gaule vaut également le détour.

Dans cette comédie très populaire (14,5 millions d'entrées), Claude Rich fait usage de toute sa malice, derrière la barbe blanche du druide. Nombre de ses répliques sont des bons mots ou des commentaires bien sentis (à l'image de sa description du nez de Cléopâtre). Puisqu'il faut bien choisir, optons pour sa première apparition face à Numérobis et déjà un jeu de mots très subtil (à partir de 6 minutes).

  • Cherchez Hortense (2012)

Ces dernières années, Claude Rich s'était fait plus discret. Sa dernière apparition sur scène remontait à 2011 et il avait tourné son dernier film en 2014. Entre les deux, il avait fait un ultime crochet par la comédie avec Cherchez Hortense, de Pascal Bonitzer. Dans ce film, Jean-Pierre Bacri joue un professeur contraint d'aider une jeune femme en passe d'être expulsée. Il fait appel à son père, président de section au Conseil d'État, qu'il ne voit plus beaucoup (Claude Rich).

Père et fils se retrouvent pour un déjeuner dans un restaurant japonais. Au détour d'un dialogue anodin avec le serveur, Claude Rich joue avec l'image de jeune homme efféminé qui était la sienne dans les années 1960. La réaction de Jean-Pierre Bacri est hilarante mais la naïveté de Claude Rich est à tomber.

Pour rendre hommage à Claude Rich, Europe 1 diffuse samedi entre 19h et 20h, un entretien avec l'acteur enregistré par Frédéric Taddeï en septembre 2009 pour son émission "Regarde les hommes changer". Un moment d'intimité au cours duquel Claude Rich s'était confié sur sa carrière et sa vie.