Call of Duty, arme de distraction massive

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Call of Duty, arme de distraction massive
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Produit culturel le plus vendu au monde, ce jeu vidéo revient mardi avec des moyens dignes du cinéma.

Steven Spielberg et son Tintin n’ont qu’à bien se tenir : un sérieux concurrent débarque mardi et risque de leur faire de l’ombre, bien qu’il ne sorte pas au cinéma. Le jeu vidéo Modern Warfare 3, dernier épisode de la saga à succès Call of Duty, s’invite dans les rayons des magasins et il sera difficile de l’en déloger.

L’art de la guerre virtuelle

Call of Duty est, pour les néophytes, un FPS (First Person Shooter) : une simulation de guerre en vue subjective. La saga s’enrichit chaque année d’un nouvel épisode et 2012 rime avec Modern Warfare 3, ou la promesse de jouer à la troisième guerre mondiale en plein Paris, mais aussi Londres ou New York. Russes et Américains sont toujours à la limite de l’affrontement quand un groupe terroriste s’acharne à semer la discorde entre les deux camps.

Si un simple jeu vidéo fait autant parler de lui, c’est d’abord parce que Call of Duty est le produit culturel le plus vendu au monde. Mais c’est aussi parce qu’il s’agit de la crème de la crème du jeu vidéo de guerre, que ce soit en termes de scénario, de jouabilité ou d’esthétique.

"C’est une réalisation sans faille", détaille Pierrick Fay, spécialiste Jeux vidéo d’Europe 1. Il faut dire qu’Activision, la société qui édite le jeu, met les moyens : quatre studios de développement, soit 600 personnes, travaillent pour qu’un épisode sorte chaque année. La saga alterne entre épisodes "retro" (2nd guerre mondiale, Vietnam, etc.) et épisodes d’anticipation, comme c’est le cas cette année.

Comme au cinéma

Le résultat est à chaque fois un jeu survitaminé dans lequel le joueur s’immerge très vite. "Le joueur ne recherche pas forcément le côté réaliste mais il faut que ce soit spectaculaire. Or Call of Duty procure des sensations fortes : quand tu arrêtes, c’est comme sortir du cinéma en pleine séquence de guerre dans Il faut sauver le soldat Ryan", juge Pierrick Fay.

De cinéma, il en est justement très souvent question dans Call of Duty : depuis l’arrivée des consoles dernière génération (PS3, Xbox 360), les microprocesseurs sont assez puissants pour représenter des scènes dignes du grand écran.

A l’image d’Assassin Creed, Heavy Rain, L.A. Noire ou encore Uncharted, Call of Duty intègre de nombreuses cinématiques qui rythment le jeu et le rendent encore plus impressionnant. Environ toutes les quinze minutes, une séquence vidéo permet à la fois au joueur de souffler et de s’immerger un peu plus dans le prochain chapitre de son aventure virtuelle.

Des scénaristes d’Hollywood participent d’ailleurs à ces projets, une collaboration qui s’est accélérée depuis que les gros blockbusters américains s’accompagnent d’une version en jeu video (pas toujours réussi). Le coût d’un épisode de Call of Duty se rapproche d’ailleurs aussi d’une grosse production américaine d’il y a dix ans.

Des chiffres de ventes vertigineux

Si les éditeurs de jeux vidéo mettent les moyens, c’est parce que le retour sur investissement est assuré. Le nouvel épisode de la saga Call of Duty pourrait s’écouler à 16 millions d’exemplaires d’ici la fin de l’année ; selon les estimations de Michael Pachet, analyste chez Wedbush Morgan Securities interrogé par Forbes.

Selon ce même analyste, Modern Warfare 3 et son concurrent Battlefield 3 pourraient générer un peu plus d’un milliard d’euros pour les seuls trois derniers mois de l’année. Et ce n’est pas fini : Activision espère vendre 8 millions d’exemplaires supplémentaires en 2012.

Côté distributeur, on s’organise aussi. "On aura 30 magasins ouverts lundi soir vers 21 heurs. C’est le seul jeu pour lequel on fait ça dans l’année", annonce Pierre Cuilleret, président de la chaîne de magasins spécialisés Micromania, avant d’ajouter : "on en est à plusieurs centaines de milliers de réservations, c’est un record".