Arielle Dombasle : "je suis un être très bizarre, je suis une fille, pas vraiment une femme"

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De passage à Europe 1 pour la sortie de son nouvel album, la chanteuse est revenue sur son enfance exotique et douloureuse, qui a forgé ses choix de vie.

INTERVIEW

Arielle Dombasle est un être étrange, "mi-ange, mi-être", une artiste qui a exercé sa créativité dans beaucoup de domaines, la danse, le cinéma, la chanson. Elle a été meneuse de revue au Crazy Horse, réalisatrice du film Opium et sera le 17 décembre présidente du jury Miss France 2017. C'est pour la sortie de son nouvel album avec Nicolas Ker, La rivière Atlantique, qu'elle était invitée dans l'émission Il n'y a pas qu'une vie dans la vie. Elle s'est confiée, notamment sur sa famille.

"Venger ma mère". Arielle Dombasle naît au Mexique, où son grand-père était ambassadeur de France et son père grand collectionneur d'art précolombien. Elle a onze ans quand sa mère décède. "Le fait que maman soit morte à 32 ans, ce qui est très jeune, et dans un chagrin d’amour par-dessus le marché de sa maladie, a fait que j’ai toujours senti une révolte, petite fille, et que je me suis dit que j’allais réussir ma vie et venger ma mère", confie la chanteuse, qui a été envoyée chez ses grands-parents paternels en France juste après le décès. Elle y passe un an, est obligée de porter le deuil plusieurs mois. "Mon père était amoureux de quelqu’un d’autre. On m’a un peu éloigné, peut-être aussi pour me protéger."

"On souffre". Puis elle rentre au Mexique, où sa mère ne doit pas être évoquée. "Ça arrive dans beaucoup de familles, la présence des belles-mères. Maintenant, il y a les familles recomposées, on fait comme si tout allait bien, ça fait une grande tribu. Ce n’est pas comme ça. Le réel, c’est qu’on souffre. On imagine toujours que son père et sa mère doivent être amoureux pour l’éternité. On souffre des nouvelles femmes qui ont pris le cœur de votre père et qui ont tué votre mère." Après quelques années derrière cette chape de plomb, elle choisit Paris où vit sa grand-mère. 

"Évidence que je serai actrice". Elle travaille l’art lyrique au conservatoire et la comédie, d’abord au cours Simon, puis chez Andreas Voutsinas. "Comme tous les gens en exil, au début, je me sentais complètement à côté des choses. Puis je me suis aperçue, dans la solitude, que les autres se sentent seuls aussi. Il y avait une sorte d’évidence que je serai actrice. J’étais danseuse déjà depuis plusieurs années. Les gens me disaient que j’avais une voix exceptionnelle." Elle apprend les cantates dans son cursus classique et sort son premier album des années plus tard. "Avec la révolte que j’avais en moi, je n’ai pas voulu devenir une chanteuse d’opéra. J’ai commencé par faire des airs sacrés, accompagnés d’électro."

Mariée depuis 20 ans à BHL. Excentrique et minutieuse dans ses choix artistiques, elle a aussi fait le choix personnel de ne pas avoir d'enfants. "Je ne me l’explique pas bien. C’est très farouche. C’est quelque chose dont je suis très fière mais, quelques fois, je me dis que je suis un être très bizarre. Je suis une fille, pas vraiment une femme. Avec un homme qu’on aime, on a envie de prolonger ça par un enfant."

Arielle Dombasle a toujours refusé, imaginant que l'histoire se reproduirait, qu'elle abandonnerait l'enfant et mourrait comme sa propre mère. Elle qui veut "que les choses soient éternellement les mêmes" et qui se dit "fidèle aussi bien en amitié qu'en amour" est mariée depuis plus de 20 ans au philosophe Bernard-Henri Lévy. "J’aime tenir le rôle de l’être qui exalte, qui est aimé, qui éblouit son partenaire."