Arcimboldo, Dali et Raetz au Grand Palais

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Arcimboldo, Dali et Raetz au Grand Palais
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Un jeu de cache-cache géant a investi le Grand Palais : l'exposition "Une image peut en cacher une autre. Arcimboldo, Dali, Raetz". Une manifestation originale consacrée à 250 oeuvres, de l'Antiquité à nos jours, qui appelle les visiteurs à voir au-delà d'une première lecture. Un partenariat Europe 1. (Jusqu'au 6 juillet).

L'ambiguïté d'une image à sens multiples a souvent été consciemment au coeur du travail de certains artistes. Au XXe siècle, les Surréalistes rédécouvrent les portraits délirants d'Arcimboldo (Milan, 1527 - Milan, 1593), le roi du méli/mélo végétal qui compose comme par magie des visages humains. Mais la plus grande illustration de cette pratique est Dali, auquel l'exposition qui s'est ouvert le 8 avril au Grand Palais, consacre un large espace.

Les premières apparitions massives de ces images à double sens datent de la Renaissance. On en voit dès le XVIe siècle dans les paysages du peintre Mantegna qui imagine des nuages à visage humain. A la même époque le Flamand Henri Bles propose des énigmes sacrées pour montrer que le bon chrétien sait voir au-delà des apparences. Le tableau est censé départager les voyants/croyants des païens/aveugles. Les images doubles peuvent aussi servir des idées politiques interdites. En France, par exemple, on les utilise pendant les périodes troublées, à la Révolution par exemple. Des signes censés échapper aux censeurs.

De Michel-Ange à Raetz en passant par les miniatures persanes ou les cartes postales érotiques du tournant de 1900, l’exposition retrace à travers quelque 250 objets, une autre histoire de l’art, en mettant en évidence des thèmes et motifs récurrents comme le paysage anthropomorphe, l’analogie entre visage et torse, l’ambiguïté sexuelle, l’illusion spatiale ou encore l’interprétation de taches comme dans le test de Rorschach. Elle force le spectateur à percer l'effet visuel et à entamer le dialogue voulu par l'artiste. Une occasion inédite de revisiter de nombreuses oeuvres et d’en découvrir les dessous les plus inattendus.