Adriana Karembeu : "La beauté est un pouvoir très fort"

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La top modèle slovaque poursuit sa carrière à la télé et vit désormais entre Monaco et Marrakech.

INTERVIEW

Le plus incroyable avec Adriana Karambeu, 1,85m et les jambes les plus immenses du monde, c'est qu'elle ne savait pas qu'elle était très belle. Si elle a capitalisé sur son physique, elle réfute toujours le fait d'être classée parmi les plus belles femmes du monde. Invitée dans l'émission Il n'y a pas qu'une vie dans la vie à l’occasion de la sortie de son livre Tout ce que vous avez toujours voulu savoir pour être au top et le rester, elle raconte ses projets de femme de 45 ans.

Des catwalks à la télé. Ambassadrice de la Croix-Rouge française, toujours mannequin, sa carrière est désormais tournée vers la télévision où elle co-anime avec Michel Cymes sur France 2 l’émission Les pouvoirs extraordinaires du corps humain. Cette seconde vie à la télé, elle la doit notamment à sa participation à Rendez-vous en terre inconnue, où les téléspectateurs l'avaient découverte sous un autre jour, émouvante de sincérité lors de son voyage en Ethiopie, un souvenir resté d'ailleurs "gravé" dans sa mémoire. A la télé, elle a trouvé un nouveau créneau qui la passionne et se sent à sa place. "Il est beaucoup plus facile de vendre la beauté quand on a 20 ou 30 ans, mois à 40 ou plus", dit-elle lucide.

Repérée en achetant un maillot de bain. Sa vie n'a été que changements de chemins. Née en Tchécoslovaquie, immergée dans l'idée que l'Ouest était un enfer, elle grandit dans une dictature vacillante. Travailleuse, elle réussit à entrer à l'université Charles à Prague pour devenir médecin comme sa mère. Elle évoque alors ses lunettes moches de l’époque et ses cheveux qui se mettaient n’importe comment. Tout bascule en 1991 quand elle doit acheter un maillot de bain pour un examen sur les gestes qui sauvent dans l’eau. "C’était cher, un luxe. J’étais concentré sur ma décision et un monsieur m’a parlé dans une langue étrangère. Je ne comprenais rien. Il m'a sortie du magasin et m'a mis dans une file où des filles attendaient avec des albums sous le bras." Elle comprend qu’il s’agit d’un concours. Arrivé par hasard, elle le remporte. l'homme lui présente un billet d’avion pour Paris. Pour cause d'examens et de petit-ami, elle refuse.

Entendu sur Europe 1
Je ne pense pas qu'il faille courir après la jeunesse, c'est une course perdue. 40 ans, ça bouscule. Mais on se rend compte qu'on a plein de choses à côté.

Quelques mois plus tard, l'homme revient avec un autre billet d’avion. "Ça commençait à me travailler" mais elle hésite toujours. C’est son père qui la pousse, sa mère fait sa valise à la va-vite. "Je n’avais pas mes sous-vêtements, pas une brosse". Elle part aussi sans argent dans la précipitation. Mais en un jour de shooting aux Bahamas, elle gagne plus que sa mère en un an. "J’ai pensé que c’était faux. Je n’y croyais pas du tout et pourtant j’y étais. C’est un métier où le hasard joue énormément. On ne peut jamais compter sur ce métier", assène-t-elle pourtant. Par prudence, elle n'avait d'ailleurs pas quitté l'université définitivement et avait demandé deux fois une pause de deux ans. "Il faut toujours avoir un plan B", édicte-t-elle en règle, sans toutefois douter que la beauté a été "un très fort pouvoir. Si on sait s'en servir sans vraiment abuser, cela permet d'ouvrir plein de portes."

Un palace à Marrakech. A plus de 40 ans, elle ne regrette rien et continue d'avancer. Avoir vu des rides lui a fait "un tout petit peu plus peur de vieillir. Je me suis dit que j'allais faire avec. Je ne pense pas qu'il faille courir après la jeunesse, c'est une course perdue. 40 ans, ça bouscule. Mais on se rend compte qu'on a plein de choses à côté. Elle dit d'ailleurs "avoir énormément de projets" avec son mari. Vivant six mois de l'année à Monaco et l'autre moitié au Maroc, elle "construit un palace" à Marrakech avec son époux, un complexe qu'ils appelleront le Palais Ronsart pour achever de dessiner cette vie de conte de fées.