A Strasbourg, le goût des fruits et légumes de la ferme... à la ville

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Vous cherchez une destination de vacances ? Chaque jour de l'été Europe 1 vous emmène dans un lieu auquel vous n'auriez pas forcément pensé. Ce mardi, direction l'Alsace.

ÇA VAUT LE DÉTOUR

En route pour l'Alsace et plus précisément Strasbourg. Peu à peu l'agriculture essaye de se refaire une place en centre-ville et favorise les circuits courts, avec le minimum de trajet entre son lieu de production et l'assiette. Europe 1 s'est faufilé dans une ferme du quartier de la Meinau, L'ilôt de la Meinau.

Du local

Tout se passe à moins de dix minutes des pierres rosées de la cathédrale. Josiane et son petit-fils Lucas sont accroupis au milieu des fraisiers et ramassent les fruits mûrs. Quelques travées plus loin, une ribambelle d'enfants arborent des gilets jaune fluo, signe de leur appartenance au groupe du centre socio-culturel voisin. Ils mangent autant qu'ils stockent dans leurs paniers. Déjà, ils s'y connaissent en cueillette : "Les fraises sont chaudes parce qu'elles sont au soleil. Quand elles sont rouges, là on aura plus de goût, plus de saveur." 

De la proximité

Ici, les enfants eux-mêmes peuvent remplir leur panier pour 3,80 euros. Ils se montrent d'ailleurs de très bons agents publicitaires novices. "C'est pas cher". La ferme permet d'acheter "à la place d'aller à Auchan et c'est pas loin. T'es pas obligé de faire 20 kilomètres de voiture", argumentent-ils. Eux ont allié marche plus tram.

De la découverte

Les petits peuvent ensuite aller à la dégustation de jus de pommes, sous la serre. C'est là que se trouve Capucine, apprentie à la ferme. Autour d'elle trônent des plants de tomates, de courgettes, des asperges. Bref la ferme mais à la ville. "On est en pleine zone industrielle. On a une déchetterie à côté, des bureaux tout autour. On est vraiment la seule serre en plein milieu de la ville. C'est exceptionnel de pouvoir dire à mes voisins 'je suis en plein Strasbourg mais je travaille dans le maraîchage.' La plupart des gens ne savent pas comment poussent les tomates, les courgettes. Une dame vient de me demander si les courgettes étaient de la rhubarbe", s'amuse-t-elle. "C'est du légume, oui, mais c'est aussi social. Les gens voient vraiment ce qu'ils ont dans leur assiette."

Du chiffre d'affaires

Le projet est né récemment mais se montre assez florissant. "En 2014, le chiffre d'affaires était de 100.000 euros, en 2015, il a augmenté à 275.000 et en 2016, on était à 400.000", précise Capucine. Dans cet îlot, on trouve du local mais pas du bio. "Pas encore", ajoutent les jeunes de l'équipe qui essayent de convaincre leur patron de prendre ce virage.