Coupe du monde : scandale autour de blagues machistes de supporters brésiliens en Russie

Cette vidéo a été largement commentée au Brésil.
Cette vidéo a été largement commentée au Brésil. © Capture Youtube
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avec AFP , modifié à
VIDÉO - Une vidéo virale vivement condamnée au Brésil montre des supporters de la Seleçao encourageant une jeune femme russe à répéter des propos dégradants à Moscou. 

Une vidéo virale de supporters de la Seleçao encourageant une jeune femme russe à répéter des propos dégradants à Moscou en marge de la Coupe du monde a fait scandale au Brésil, où de nombreuses personnalités ont réagi sur les réseaux sociaux. Sur la vidéo, on voit une jeune femme blonde entourée d'un groupe d'une dizaine d'hommes vêtus du maillot jaune de l'équipe brésilienne qui lui demandent de scander avec eux ce qu'ils disent être des chants de supporters. En fait, il crient à tue-tête "boceta rosa !", ce qui veut dire "vagin rose" en portugais, des mots que la jeune femme répète sans les comprendre. Un des supporters identifiés dans la vidéo est un policier de Santa Catarina, au sud, qui fera l'objet d'un "processus disciplinaire", selon la presse brésilienne.

La vidéo condamnée au pays. Au Brésil, la vidéo en question a été vivement condamnée par de nombreuses personnalités féminines. "Ce n'est pas drôle, c'est du machisme, de la misogynie et c'est honteux, totalement honteux", a affirmé sur Instagram la mannequin Fernanda Lima, qui a présenté le tirage au sort du Mondial-2014, au Brésil. "Quelle honte", a renchéri l'actrice de télénovelas Bruna Marquezine, petite amie de Neymar, la vedette de la Seleçao. L'attitude des supporters n'a pas suscité de réaction aussi unanime auprès des hommes brésiliens.

Un "guide consulaire" publié avec des recommandations. Mais l'incident a eu une telle répercussion que le ministère des Affaires étrangères a réagi, expliquant avoir publié un "guide consulaire" avec des recommandations pour éviter tout débordement. "Ce guide recommande expressément d'éviter toute violence verbale, visuelle ou physique, particulièrement des actes insultants ou humiliants", précise le ministère. "Toute accusation d'infraction de la législation russe fera l'objet d'enquête de la part des autorités de ce pays."

 

Pas le premier incident du genre. Dans le journal Folha de S. Paulo, le ministère affirme que "la plupart des supporters brésiliens sont pacifiques et respectueux". Le Brésil est l'un des dix pays au monde où sont recensées le plus de violences contre les femmes. Toutes les deux secondes, une femme y est victime de violence physique ou verbale, selon des données de l'Institut Maria da Penha. D'autres incidents de ce genre ont émaillé les premiers jours de la Coupe du monde. Des supporters argentins et péruviens ont notamment été vus en train d'essayer de faire dire en espagnol à des jeunes femmes russes qu'elles allaient avoir des relations sexuelles avec eux.