Coupe du monde-2026 : déjà l'heure du choix pour la première compétition à 48

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Coupe du monde-2026 : déjà l'heure du choix pour la première compétition à 48
Le trio États-Unis/Canada/Mexique est favori pour la Coupe du monde 2026 (image d'archives). @ KENA BETANCUR / AFP
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La Fifa va attribuer mercredi l'édition de la Coupe du monde 2026, la première à faire jouer 48 équipes. Les deux candidats en lice sont le trio États-Unis/Canada/Mexique et le Maroc.

La Coupe du monde 2026, c'est (presque) aujourd'hui ! À la veille du coup d'envoi de l'édition 2018, les fédérations membres de la Fifa choisissent mercredi à Moscou qui, du trio États-Unis/Canada/Mexique, favori, ou du Maroc, le "challenger", accueillera la première compétition à 48 équipes. Dans huit ans.

Un nouveau mode d'attribution

207 votants au moins. Après Russie-2018 et Qatar-2022, 207 délégués des pays-membres de l'instance (sur 211, si le collège électoral est validé) vont désigner le (ou les) pays-hôte(s) du Mondial-2026, à l'issue du Congrès de la Fifa. Difficile de se risquer à un pronostic, car c'est la première fois que le scrutin est ouvert à autant de votants. Auparavant, c'était non pas le Congrès de l'instance mais son comité exécutif - soit une vingtaine de personnes -, devenu depuis Conseil de la Fifa, qui attribuait les Mondiaux.


Un système pour limiter la corruption. Réforme suffisante pour mettre un terme à l'odeur de corruption qui avait entouré les dernières attributions de l'ère Sepp Blatter ? "La Fifa a beaucoup fait au niveau des codes de conduite des délégués, des défenseurs de la candidature", explique Sylvia Schenk, de l'ONG Transparency International et par ailleurs membre du conseil consultatif de la Fifa sur les droits de l'homme.

"Il n'y a pas de système parfait, il n'y a pas de garanties, mais vous pouvez avoir des systèmes de conformité et des réglementations spécifiques qui vont au moins prévenir une corruption systémique ou endémique. Mais des cas particuliers peuvent avoir lieu", plaide l'ancienne sportive allemande.

Le Maroc, ce challenger

Une note de 2,7 sur 5 pour le Maroc. Les dossiers des deux candidatures sont évalués par des commissions ad hoc, chargées d'en noter la qualité au regard d'une série de critères définis (infrastructures, hébergement, transports, budget...). Verdict : le dossier du Maroc "a obtenu une note globale de 2,7 sur 5" contre "4 sur 5" pour le trio États-Unis/Canada/Mexique, a indiqué une source proche du dossier marocain.

De nombreux pays comme soutiens. C'est la cinquième fois que le Maroc candidate à l'organisation de la Coupe du monde. La première fois, pour le tournoi 1994, le pays du Maghreb avait été battu par... les États-Unis, avant de perdre l'édition 1998 face à la candidature française. En 2006, c'est l'Allemagne qui avait été choisie, avant l'Afrique du Sud pour l'édition suivante. Mais le royaume croit toutefois toujours en ses chances de devenir le second pays du continent africain, après l'Afrique du Sud en 2010, à accueillir l'un des événements les plus importants de la planète.  

Il bénéficie du soutien de nombreux pays européens, dont la France, notamment en raison de sa proximité géographique, et africains, à l'appel du président de la Confédération africaine de football (CAF) Ahmad Ahmad. Mais certains pays africains ont déjà fait entendre leur différence, comme le Libéria ou l'Afrique du Sud, partisans d'"United 2026".

Une ferveur populaire et des villes hôtes proches. Le royaume mise sur ses atouts pour faire la différence : "La ferveur autour du football dans le pays et sur le continent, la proximité" avec des villes hôtes "ramassées" dans un rayon de 550 km, ou encore des "stades modulaires", a notamment plaidé le président du comité de candidature marocain Moulay Hafid Elalamy.

"United 2026", un trio en meilleure place

De grands pays pour couvrir les frais. Gianni Infantino, le président de la Fifa, est par exemple présenté comme un défenseur de la candidature nord-américaine, notamment parce qu'il serait dans sa logique cohérent d'attribuer ce premier Mondial à 48 "à de grands pays qui ne l'ont jamais eu, comme la Chine ou l'Inde, ou à des associations de pays", explique Paul Dietschy, historien du football. "Car pour couvrir les frais, il faut être à plusieurs". 

L'argument financier. D'autant que le trio États-Unis/Mexique/Canada a promis "la Coupe du monde la plus lucrative de l'histoire" avec 14 milliards de dollars (environ 12 milliards d'euros) de recettes, contre un "net pour la Fifa de cinq milliards de dollars" (soit 4,2 milliards d'euros) du côté marocain.

Trump, cette épine. Mais le tableau de cette candidature comporte une ombre : le président des Etats-Unis Donald Trump, qui a scandalisé la planète foot en lançant sur Twitter des menaces à peine voilées à ceux qui ne soutiendraient pas la candidature "United 2026".