Vers la fin du monopole des pharmaciens ?

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Vers la fin du monopole des pharmaciens ?
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SANTE - Un rapport de l’Inspection générale des Finances souhaite ouvrir à la concurrence les médicaments dont la prescription est facultative.

C’est un rapport qui devrait réjouier Michel Edouard Leclerc, le patron des supermarchés du même nom, qui milite depuis des années pour pouvoir vendre dans ses magasins des médicaments. Afin de tirer les prix de ces produits vers le bas, l'Inspection générale des Finances (IGF) préconise, dans un révélé lundi par Les Echos sur les professions réglementées, d’ouvrir à leur vente à la concurrence et de permettre à de nouveaux acteurs de s’emparer de ce marché.

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Des médicaments spécifiques. Dans le collimateur de l'IGF, le Doliprane, Spasfon, aspirine et autre médicaments dont la prescription est facultative et ceux qui sont non remboursables, comme le Nurofen, l’Humex, le Fervex, etc. Ces produits représentent, selon Les Echos, en moyenne 9% du chiffre d’affaires des pharmacies.

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La concurrence au secours du consommateur. L’Inspection générale des finances est donc favorable à l’ouverture à la concurrence de la vente de ces produits. Elle préconise d’ouvrir la vente de certains médicaments aux supermarchés, ce qui entrainerait une baisse des prix. Actuellement, les prix de ces produits peuvent varier d’1,30 euro à 5 euros, pour une boite d’aspirine.

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Des prix qui augmentent plus vite que l’inflation. L'Inspection générale des Finances souligne que "les prix des médicaments non remboursables ont augmenté deux fois plus vite que le coût de la vie depuis quinze ans (+3 % par an en moyenne entre 1998 et 2011)" - une hausse visant à compenser la baisse des prix des médicaments remboursables, explique Les Echos. L’IGF estime toutefois que l’effet de rattrapage est parfois disproportionné.

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Une rémunération basée sur les marges. Les pharmaciens sont principalement rémunérés par la marge sur les médicaments - parfois jusqu’à 50% du prix de vente - mais les modes de rémunération commencent à se diversifier avec l'introduction récente d'une rémunération à la performance et d'un honoraire de dispensation. Mais ce rapport inquiète Philipe Gaertner, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, qui rappelle au micro d’Europe 1 qu’"une pharmacie ferme tous les trois jours".  Or cette politique risque d’accélérer le phénomène.

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Changer la pharmacie. Parmi les autres recommandations de l’IGF, les Echos citent la fin du numerus clausus pour les étudiants en pharmacie, l'ouverture du capital des officines à des investisseurs extérieurs, ou encore la liberté d'installation totale pour les pharmaciens. Au 1er janvier 2013, les pharmaciens étaient 72.204, dont 31.074 exerçaient en libéral, selon la Cour des comptes.

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