La SNCF va augmenter ses amendes pour les fraudeurs

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Noémi Marois , modifié à
TRANSPORTS - La SNCF va augmenter ses amendes et assurer un meilleur suivi des contraventions afin de lutter contre les fraudeurs.

Vous avez l'habitude de voyager en train sans billet ? Vous y réfléchirez peut-être à deux fois désormais. La SNCF a dévoilé vendredi un plan corsé de lutte anti-fraude qui sera appliqué dès le 2 mars prochain et que Le Parisien a pu consulter. En septembre dernier, la SNCF avait déjà annoncé une limitation de la durée de validité des billets de train sans réservation afin d'empêcher leur multi-utilisation. Elle perd chaque année 500 millions d'euros à cause de la fraude.

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Des amendes plus salées. Augmenter le prix des amendes pour dissuader les fraudeurs, voilà la piste adoptée par la SNCF. Et elle n'y va pas avec le dos de la cuillère. Aujourd'hui, si vous prenez le train sans billet sur un trajet de plus de 100 km, vous devez payer une amende de 25 euros, en plus du prix du billet. Si c'est sur moins de 100 km, vous payez juste une amende de 35 euros.

Dans son nouveau plan, l'amende double en passant à 50 euros en-dessous de 150 km de trajet. Et il faudra y ajouter le prix du billet, au-delà de 150 km parcourus.

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Le fraudeur de bonne volonté pas épargné. Les autres types de fraude ne sont pas épargnés. Vous montez dans un train sans billet mais en vous signalant immédiatement à un contrôleur pour en acheter un ? Jusque-là, vous deviez payer de 4 à 10 euros d'amende. Le montant passera de 7 à 15 euros, selon la distance parcourue.

Le fraudeur qui paie en différé verra son amende gonflée par des frais de dossier plus important. Au lieu de 50 euros en-dessous d'un trajet de 100 km, il paiera bientôt 100 euros pour un trajet en-dessous de 150 km. 

Des quais fermés par des portiques ? L'idée n'est pas neuve mais désormais, cette option semble se confirmer. Selon Le Parisien, la SNCF aurait lancé un appel d'offres dans ce sens.

Aujourd'hui, seuls les Eurostars et les idTGV sont concernés par un contrôle des agents en amont de la montée dans le train. Leurs quais sont ainsi fermés aux personnes non munies d'un billet.

L'installation de portiques ne sonne pas pour autant la disparition des contrôleurs. Au vu de la diversité des quais de gare en France (largeur, présence ou non de commerces), l'installation à l'échelle nationale de ces portiques serait trop compliquée et trop coûteuse. Seules les grandes gares pourraient être concernées et en premier lieu, celles de Paris, notamment la gare du Nord. 

Vérifier les adresses postales des fraudeurs. Dernier volet du plan de lutte anti-fraude, la SNCF veut assurer un meilleur suivi des contraventions. Seuls 11,6% d'entre elles sont en effet encaissées sur les TER. La raison ? Les fraudeurs refusent de payer sur place et donnent aux contrôleurs une fausse adresse. Cette entourloupe ne sera bientôt plus possible. L'Etat s'est accordé avec la SNCF pour qu'elle puisse vérifier auprès des pouvoirs publics la validité des adresses. Mais la procédure, compliquée, doit passer par la loi et prendra plusieurs semaines avant d'être opérationnelle. 
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