Les boissons énergisantes décriées

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Les boissons énergisantes décriées
@ MAX PPP
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La CLCV s'inquiète de la teneur en caféine des versions concentrées des boissons énergisantes.

Un "shot" et ça repart ? Les boissons énergisantes ont été autorisée il y a bientôt deux ans en France. Red Bull, Burn Energy ou encore Dark Dog se déclinent depuis quelques semaines en version concentrée, des mini formats de 5 ou 6 centilitres. Le problème, dénonce l'association de consommateurs CLCV, c'est que ces fioles sont aussi chargées en caféine que les grosses canettes. Une canette normale de Red Bull energy drink, tout comme le petit format de 6 cl, dit "energy shot", contient 80 mg de caféine, selon le site internet du fabriquant, soit l'équivalent d'une tasse de café.

"Vous allez pouvoir avaler plus facilement deux ou trois petites cannetes que des grandes", estime Charles Pernin, chargé de mission au CLCV. "Il est donc beaucoup plus facile d’arriver à une consommation excessive de caféine", s’inquiète-t-il. "La communication sur ces boissons énergisantes banalise leur consommation" déplore la CLCV. L’association de consommateurs réclame d'une part une "information claire" du consommateur, notamment les jeunes, et d'autre part qu'une réflexion soit engagée sur la mise en place de teneurs maximales en caféine pour tous les aliments.

Mélange avec alcool

Les fabricants se gardent bien de déconseiller les mélanges avec alcool, souligne encore la CLCV. Et c’est précisément ce qui inquiète le médecin nutritionniste Charles Yannick Guezennec : "Il y a un risque beaucoup plus prononcé sur les comportements que sur le produit en lui-même. L’utilisation excessive de caféine pour se maintenir éveillé, pour faire la fête et consommer des boissons alcoolisées favorise des comportements à risque".

Dans un avis rendu au printemps, l'Afssa (agence française pour la sécurité sanitaire des aliments) estimait que la consommation de boissons énergisantes enrichies en taurine ou en caféine n'était pas dangereuse. Les seuls incidents signalés étaient liés à la consommation concomitante d'alcool.

La CLCV a interpellé "conjointement" le ministère de la Santé, le syndicat national des boissons rafraîchissantes et les fabricants pour demander "un étiquetage spécifique" pour ces produits et une "réflexion sur l'instauration de teneurs maximales en caféine".