Le gouvernement place la grande distribution sous surveillance

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Le gouvernement place la grande distribution sous surveillance
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JUSTE PRIX - L'Autorité de la concurrence a été saisie pour vérifier que la guerre des prix, menée par les hypermarchés, ne vire pas au massacre.

Dans un contexte de faible croissance et d'inflation à l'arrêt, la tendance n'est pas à la hausse des prix, bien au contraire : la grande distribution ne cesse de revoir ses tarifs à la baisse. Sauf que ce recul des prix a des limites et peut se révéler contre-productif si le secteur agroalimentaire voit ses marges disparaitre, menaçant de nombreuses entreprises. Le ministère de l'Agriculture a donc convoqué jeudi agriculteurs, industriels et distributeurs pour faire un état des lieux. Et saisit l'Autorité de la concurrence pour surveiller la grande distribution.

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© REUTERS

La grande distribution augmente la pression sur ses fournisseurs. Lancés dans la bataille du "qui est le moins cher", les hypermarchés ne cessent de demander à leurs fournisseurs une baisse de leurs tarifs. Résultat, les prix en magasins reculent depuis près de deux ans. Et cela risque de s'accélérer depuis que Auchan et Système U, tout comme Casino et Intermarché, ont conclu des alliances pour mutualiser leurs centrales d'achats.

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Résultat, les négociations commerciales sont de plus en plus tendues et le ton monte, alors que débutent les discussions pour les tarifs de l'année prochaine. "C'est l'enfer", confiait encore en début de semaine le président de l'association des industries alimentaires (Ania), Jean-Philippe Girard. Et la fédération générale de l'agroalimentaire de la CFDT (FGA-CFDT) d'argumenter : "cette pression sur les prix a une incidence directe sur les conditions de rémunérations des salariés, la qualité des produits et, au final, ne bénéficie que peu aux consommateurs". D'autant que des fournisseurs menacés, ce sont des emplois supprimés et, in fine, une consommation à la baisse.

Le gouvernement hausse le ton. Le gouvernement a donc plusieurs fois tapé du poing sur la table : le Premier ministre, Manuel Valls, appelant lui-même les enseignes à "jouer le jeu du patriotisme alimentaire". Et pour améliorer le dialogue entre toutes les parties, il a convié jeudi toutes les parties au ministère de l'Agriculture.

Sauf que l'Etat n'a pas vraiment son mot à dire sur les tarifs de la grande distribution et craint que les synergies en cours n'aggravent encore la situation. Il a donc annoncé qu'il allait "demander un avis à l'Autorité de la concurrence" concernant les récents regroupements de centrales d'achats dans la grande distribution "pour que l'esprit de transparence règne".

Outre la saisie de l'Autorité de la concurrence, le gouvernement va mettre en place un comité de suivi concernant notamment l'utilisation du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE).
Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a déclaré que le CICE devrait "être employé pour l'emploi et pas pour la guerre des prix". La grande distribution "a pris des engagements de ne pas utiliser le CICE au service de la guerre des prix", a ajouté Stéphane Le Foll, répétant que la guerre des prix ne menait à rien et qu'elle ne provoquait plus d'augmentation des chiffres d'affaires dans la grande distribution.