La contrefaçon ne connaît pas la crise

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La contrefaçon ne connaît pas la crise
@ REUTERS
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La contrefaçon continue de progresser en France et peut même se retrouver en supermarché.

Alors qu’une nouvelle campagne estivale vient d’être lancée pour alerter les consommateurs des dangers de contrefaçons, les douaniers français ont saisi en 2009 un volume record de sept millions d'articles contrefaits (hors cigarettes), en hausse de 7,7% par rapport à 2008.

"La contrefaçon représente entre 5 et 7% du commerce mondiale, soit 500 milliards de dollars", annonce d’emblée Catherine Kuatravaux, économiste statisticienne à l’Institut de recherche en propriété intellectuelle (IRPI).

Bien que les chiffres soient incomplets, activité illégale oblige, "on constate une explosion de la valeur des marchandises saisies, qui a doublé en 5 ans ", poursuit Catherine Kuatravaux, avant d’ajouter : "ces chiffres marquent une explosion de la contrefaçon. Il y a aussi une plus forte implication des douanes qui explique des chiffres de saisies en hausse".

Internet booste la contrefaçon

La croissance ininterrompue de la contrefaçon a aussi été facilitée par les nouvelles technologies. "Avec Internet, la contrefaçon peut s’exporter partout", explique Catherine Kuatravaux.

"En France, Internet est désigné comme le premier canal de distribution des copies, à hauteur de 40%", poursuit-elle. Viennent ensuite les marchés, où s’écoulent 28% des contrefaçons, puis les vendeurs à la sauvette (24%), les magasins de proximité (15%) et même les grandes surfaces (13%).

Votre supermarché peut en vendre

"En transitant par plusieurs pays, on ne connaît plus le pays d’origine. Si bien que même une grande enseigne peut acheter de bonne foi de la contrefaçon", détaille l’économiste.

"C’est un tel réseau au niveau mondial que les produits passent pas plusieurs pays et arrivent en France, non pas estampillés Made in China, mais Made in Europe : nous n’avons plus l’origine réelle du pays. Il y a tant de revendeurs qu’il est difficile de remonter à l’origine du trafic".

Tous les produits sont concernés

"Les cibles classiques sont principalement le luxe, le textile, les produits culturels et le high-tech, mais aussi des produits banals, comme les shampoings, les rasoirs, les bonbons ou même l’alimentaire : il n’y a plus aucune limite", témoigne-t-elle.

En 2005, les douanes françaises ont même saisi des contrefaçons de salades méchouia à base de poivrons, ou des copies de Red Bull. Tout ce qui peut être vendu est donc susceptible d’être copié, des pièces mécaniques au vin, en passant même par les pesticides.

L’adaptation aux besoins les plus récents du marché est aussi devenue une tendance lourde : le Tamiflu pendant la pandémie, l’iPhone ou plus récemment les médicaments contre l’obésité ont été très rapidement copiés.

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