The Search : Hazanavicius voulait "incarner l'horreur de la guerre"

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The Search : Hazanavicius voulait "incarner l'horreur de la guerre"
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CINÉ - Le réalisateur raconte la seconde guerre de Tchétchénie à travers quatre destins particuliers. 

Après The Artist, qui lui a valu l'Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur en 2012, Michel Hazanavicius ne s'est pas facilité la tâche. Le réalisateur des OSS 117 a choisi de raconter la seconde guerre de Tchétchénie. The Search, film sur les écrans le 26 novembre prochain et dont Europe 1 est partenaire, est en réalité le remake d'un film du même nom, sorti en 1948 et signé Fred Zinnemann. Michel Hazanavicius filme l'horreur de la guerre et les exactions de l'armée russe à travers les destins croisés de quatre personnages : un soldat russe enrôlé, un orphelin tchétchène, sa grande sœur à sa recherche et une militante des droits de l'homme (incarnée par Bérénice Bejo). Le réalisateur, qui était mercredi l'invité du "Club de la Presse", est notamment revenu sur le pouvoir de la fiction face au documentaire.



Le parti pris. Une phrase de The Search revient à plusieurs reprises dans la bouche des Tchétchènes : "Au moins, il faut montrer que le monde ne nous a pas oubliés." Le point de vue adopté par Michel Hazanavicius sur le conflit, est celui des vaincus, les Tchétchènes. "La Tchétchénie a perdu la guerre. Et quand on perd la guerre, on ne peut pas raconter l'histoire. Elle est racontée par les vainqueurs", rappelle le réalisateur. Le vainqueur de cette guerre n'était autre que "Poutine", qui a ensuite mis en place "une machine de propagande", confie encore le réalisateur.

"Pour faire un film qui parle de la guerre, il faut qu'on incarne l'horreur", explique le réalisateur dans cette vidéo exclusive qu'Europe 1 vous propose en avant-première :

Un film "romanesque". Comment évoquer un sujet si sombre ? Comment évoquer la guerre, la cruauté et la mort à l'écran ? Michel Hazanavicius "ne savait pas trop comment s'y prendre", avoue-t-il. C'est en tombant sur l'original de 1948 que le réalisateur décide d'en faire, à son tour, un film : "Tout à coup je vois un film qui est un film populaire et qui arrive à parler d'un sujet difficile. Et je me dis : en fait, c'est ça que je veux faire, un film romanesque, qui a du souffle, des sentiments." Et cette "émotion", je la mets "au service d'un sujet difficile."

Réécoutez l'intégralité de l'intervention de Michel Hazanavicius

La force de la fiction. Dans The Search, on suit notamment le destin d'un jeune Russe, enrôlé dans l'armée à la suite d'un contrôle de police. Il a le choix entre la prison ou l'armée. Finalement envoyé en Tchétchénie, il est formé au combat et devient peu à peu une bête sauvage. Le film explore très finement son conditionnement, qui rappelle des thèmes actuels.

Si on perçoit aussi justement la transformation qui s'opère en ce jeune soldat, c'est grâce "à la force de la fiction", selon Michel Hazanavicius, car elle permet de "choisir à quel moment on fait démarrer l'histoire". Dans le cas d'un documentaire, "c'est très compliqué d'aller chercher tous les gens que vous filmez, pour savoir qui ils étaient avant, d'où ils viennent et comment ils sont arrivés là."

The Search, de Michel Hazanavicius avec Bérénice Bejo, sera en salles le 26 novembre, avec Europe 1.