"Si le peuple sud-africain me mandate, j’accepterai"

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"Si le peuple sud-africain me mandate, j’accepterai"
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DOCUMENT - Trois mois après sa sortie de prison en 1990, Nelson Mandela répondait aux questions de Jean-Pierre Elkabbach.

Le 10 mai 1990, trois mois après sa libération, celui qui deviendra président de la République sud-africaine racontait sur Europe 1 sa vie en prison, son combat pour le respect des Droits de l’Homme et son espoir pour le futur de l’Afrique du Sud.

Europe1.fr vous propose de réécouter ce document exclusif à l’occasion de la sortie d’Invictus, le dernier film de Clint Eastwood, consacré à l’entrée en fonction de Nelson Mandela à la présidence de la république en 1994. Il avait alors misé sur la coupe du monde de rugby organisée dans le pays pour unifier son peuple après des décennies d'apartheid.

Arrêté en 1962 et emprisonné l’année suivante, Nelson Mandela passera 27 années en prison. En 1990, il explique à Jean-Pierre Elkabbach qu’il n’a alors "pas le temps de reprocher quoi que se soit à qui que se soit" pour cet emprisonnement. Il évoque "l’espoir et la force" que les soutiens étrangers lui ont apporté durant cette période.

Une fois libéré, Nelson Mandela reprendra son combat pour changer l’Afrique du Sud. Il participe activement à l’abolition de l’Apartheid et des dernières lois ségrégationnistes en 1991. "Nous ne pensons pas en terme de couleur" explique-t-il à Jean-Pierre Elkabbach en mai 1990. Nelson Mandela recevra le prix Nobel de la Paix en octobre 1993.

Entre temps, Nelson Mandela a réintégré les rangs de l’ANC (Congrès national africain). À sa tête et le parti qu’il dirigeait avant d’être placé en prison le mène à la Présidence du pays en avril 1994 lors des premières élections multiraciales d’Afrique du Sud. Une présidence qu’évoque déjà Nelson Mandela trois ans plus tôt : "Si je suis mandaté par le peuple Sud-Africain, je vais accepter le mandat".

"Je ne sais pas si Frederik de Klerk (président de l’Afrique du Sud de 1989 à 1994, ndlr) réussira" à ouvrir une nouvelle page de l’histoire de ce pays témoigne Nelson Mandela au micro d’Europe 1 avant de terminer l’entretien sur une note d’espoir. Il évoque une lutte contre l’apartheid devenue "une lutte internationale", "on doit poursuivre la lutte" conclue-t-il.