Oscars : sacrés Frenchies !

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Oscars : sacrés Frenchies !
Simone Signoret fêtant, en 1960, son Oscar avec Charlton Heston.
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Avant le sacre de The Artist, la France a déjà brillé à Hollywood… mais souvent au singulier.

En récoltant cinq Oscars, The Artist signe un triomphe sans précédent pour un film français à Hollywood. On en oublierait presque que plusieurs Frenchies sont déjà repartis avec la précieuse statuette.

Signoret, Cotillard et Binoche ont leur Oscar

Si Jean Dujardin est le premier Français à s'illustrer dans la catégorie meilleur acteur - dans le passé, Charles Boyer, Maurice Chevalier et Gérard Depardieu étaient revenus bredouilles - les Oscars ont déjà souri, à trois reprises, aux actrices françaises dans la catégorie rôle principal.

En 1935, une certaine Claudette Colbert est ainsi récompensée pour son rôle dans un film de Frank Capra, New York-Miami. En 1960, Simone Signoret rafle la mise grâce au film Les Chemins de la haute ville, coiffant au poteau Doris Day, Audrey Hepburn, Katharine Hepburn et Elizabeth Taylor.

Il faudra ensuite attendre près de cinquante ans pour voir une Française s'imposer à Hollywood : il s'agit de La Môme Marion Cotillard qui, en 2008, bluffera les Américains par son incarnation d'Edith Piaf.

"Thank you life, thank you love !" s'était exclamé Marion Cotillard :

En 1997, Juliette Binoche avait été distinguée pour Le Patient anglais… mais dans la catégorie second rôle "seulement". Bérénice Béjo, nommée dans cette catégorie, n'aura pas eu cette chance dans la nuit de dimanche à lundi.

Juliette Binoche avait salué Lauren Bacall... à qui elle avait raflé le trophée :

Polanski, Lelouch et Costa-Gavras aussi 

Michel Hazanavicius, sacré meilleur réalisateur pour The Artist, n'est pas le seul Français à s'être illustré dans cette catégorie : en 2003, le franco-polonais Roman Polanski avait raflé un Oscar pour Le pianiste. Le réalisateur, absent  de la cérémonie à cause de ses démêlés judiciaires aux États-Unis, s'était finalement fait livrer son trophée par Harrison Ford.

Michel Hazanavicius ne s'est pas s'imposé pour le scénario a contrario d'autres Français auparavant comme Claude Lelouch (Un homme et une femme) et le franco-grec Costa-Gavras (Missing).

The Artist s'est également imposé pour les meilleurs costumes et meilleure musique, une catégorie qui a toujours réussi aux Français. Ludovic Bource, qui a signé la partition de The Artist, vient ainsi allonger la liste des compositeurs français primés de Michel Legrand à Maurice Jarre - trois Oscars chacun - en passant par Francis Lai et autres Georges Delerue.

Si le film d'animation Une vie de chat n'a pas pu s'imposer face à Rango, il témoigne de la présence régulière de l'animation française aux Oscars : Persepolis en 2008 et L'illusionniste en 2011 avaient eux aussi été nommés. En 2010, le court-métrage Logorama avait, lui, été primé. Dans la catégorie documentaire, Un coupable idéal qui s'intéressait à la justice américaine a remporté un Oscar en 2002.

La France n'était pas en lice cette année dans la catégorie du meilleur film étranger. C'est pourtant celle où le cinéma hexagonal a le plus brillé dans l'histoire des Oscars. La dernière victoire en date - celle d'Indochine de Régis Warnier - remonte à 1993. The Artist  a non seulement échappé à cette catégorie mais il est encore devenu le premier film non anglo-saxon à remporter l'Oscar du meilleur film "tout court".