Les Brèves de comptoirs au cinéma, c'est drôle ?

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Les Brèves de comptoirs au cinéma, c'est drôle ?
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 CINÉ - 70 comédiens incarnent à l'écran les auteurs des petites phrases cultes glanées dans des bistrots.  

Tout est parti d'une idée géniale, celle d'un ancien journaliste de l'ex mensuel satirique Hara Kiri : Jean-Marie Gourio décide un jour d'aller recueillir des anecdotes dans les bistrots français, qu'il publie dans les colonnes de son journal. Des ces brèves de comptoir, il a fait un recueil vendu à des millions d'exemplaires, adapté à la télévision par Jean-Michel Ribes, puis au théâtre. C'est à nouveau ce texte original que Jean-Michel Ribes a adapté au cinéma. Le film, Brèves de comptoir, sera sur les écrans le 24 septembre.

Ambiance bistrot. On retrouve donc le fameux bon sens populaire, des analyses parfois un peu alcoolisées, mais d'une logique implacable. "Quand Bruno Solo vient s'accouder au zinc du café de l'Hirondelle de bon matin, c'est pour prendre un petit cocktail : un pastis avec du vin blanc", raconte Mathieu Charrier, journaliste culture à Europe 1. S'ensuivent des échanges bruts. Tout est vrai. Les acteurs, comme aux véritables comptoirs, enfoncent des portes ouvertes, sont d'une mauvaise foi crasse, jouent au loto ou sortent des phrases absurdes.

Brèves de comptoirs

Les saillies sont très drôles, mais elles sont aussi "un langage rare", confie Jean-Michel Ribes. "Ni blague, ni mot d’esprit, ni aphorisme, ce sont des paroles de survie pour tenir debout, souvent arrachées à la douleur de l’exclusion. L’humour brut, comme on dit l’art brut, balayant avec dignité le désespoir de ne pas trouver sa place dans la société", explique encore le réalisateur, qui ne cache pas son admiration pour le texte de Jean-Marie Gourio.

"Opéra parlé". L'auteur de Brèves de comptoir, Jean-Marie Gourio, s'accoudait au bar, debout. Posté là, il regardait défiler "postiers, agents des pompes funèbres, égoutiers, garagistes, ouvriers du bâtiment, éboueurs ou chômeurs." Dans le film, ce sont "70 comédiens qui enchaînent les petits rôles de cet opéra parlé", explique Mathieu Charrier : de Régis Laspalès à Yolande Moreau, en passant par André Dussolier et Dominique Pinon. "Au début, c'est un peu déroutant, mais on rit beaucoup", confie le journaliste d'Europe 1. Seul petit bémol, affirme-t-il : "une heure quarante à analyser chaque réplique, c'est un peu fatigant."