La French : "Cette histoire ravive des douleurs"

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La French : "Cette histoire ravive des douleurs"
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THRILLER - Le réalisateur, Cédric Jimenez, et le comédien Gilles Lellouche, qui joue le rôle du parrain de la pègre marseillaise, évoquent la réaction des familles des vrais protagonistes de cette histoire.  

Avec La French, du nom de la célèbre organisation mafieuse la 'French Connection', on replonge dans les années 70, du temps où le juge Michel combat pied à pied la pègre marseillaise, au péril de sa vie. Au cœur de ce polar de Cédric Jimenez, on assiste à l'affrontement entre Pierre Michel, incarné par l'Artist' Jean Dujardin et Gaëtan Zampa, l'intouchable parrain exportateur d'héroïne, joué par Gilles Lellouche. Le film, mercredi sur les écrans, est tiré d'une histoire vraie, à la fin tragique. Le réalisateur, Cédric Jimenez, et Gilles Lellouche se sont exprimés sur les liens avec la famille des vrais personnages de cette histoire, sur Europe 1.



La French prend bien sûr quelques libertés, comme par exemple une conversation imaginaire entre Pierre Michel et Gaëtan Zampa qui ne s'est jamais produite. Mais le thriller marseillais de Cédric Jimenez est inspiré d'une histoire vraie. Les deux personnages principaux, aujourd'hui décédés, incarnés par Gilles Lellouche et Jean Dujardin, se sont réellement affrontés à Marseille. 

Au début, "il y a de la méfiance, c'est normal". Le père de Cédric Jimenez avait un restaurant, une boîte de jazz sur la plage de la Pointe Rouge à Marseille. Le bar d'à côté était tenu par la sœur de Gaëtan Zampa, a confirmé le réalisateur sur Europe 1. Si Cédric Jimenez n'a pas connu lui-même le parrain Zampa, il connait bien "Christiane Zampa, qui est sa veuve, et aussi ses enfants", a-t-il confié. Au début, lorsque Cédric Jimenez a évoqué son projet, la famille a été un peu effrayée. "Il y a de la méfiance, c'est normal, moi je n'aimerais pas que quelqu'un fasse un film sur mon père", confie encore le réalisateur. "Mais je les connais bien, et j'ai eu la chance qu'ils me fassent confiance, on en a beaucoup parlé et aujourd'hui, ils sont heureux", assure-t-il.


Un script "d'une grande dignité". Le script du film "est d'une grande dignité, d'un grand respect pour la mémoire de ces hommes, mais aussi d'une grande dignité pour la famille", précise Gilles Lellouche. "Evidemment pour le juge Michel, il y a énormément de douleur, une plaie encore très vive", rappelle l'acteur. Le juge avait deux filles lorsqu'il a été assassiné.

Les familles ont vu le film.La French est sorti à Marseille depuis mercredi dernier. Les familles des deux protagonistes "l'ont vu", affirme le réalisateur. "Elles l'ont trouvé digne donc c'était pour moi un très beau compliment. Forcément, elles ne peuvent pas l'apprécier… Cette histoire ravive des douleurs, mais c'est déjà bien de ne pas avoir trahi ma parole et leur mémoire", a-t-il expliqué.

Mise à jour jeudi 4 décembre - La famille du juge Michel a réagi dans un communiqué. Elle se dit "indignée" par le film qui la fait "souffrir". L'épouse et les deux filles du juge Pierre Michel ont affirmé jeudi n'avoir "jamais validé" le scénario de La French, contrairement aux affirmations du producteur du long-métrage, M. Alain Goldman. Elle ont précisé que "de nombreuses observations sur ce scénario ont été faites à la production de ce film", mais que" seules quelques-unes ont été prises en compte". La famille du juge Michel explique encore que le scénario à partir duquel elle avait demandé des modifications avait "considérablement évolué sans qu'aucune information ne lui soit apportée". Un exemple : "La référence à un lourd passé de joueur du juge Michel, totalement inventée, et qui devient l'un des ressorts explicatifs de son acharnement professionnel dans ce film était absent du scénario présenté à la famille."

Rappelant qu'elle n'a jamais souhaité ni "la réalisation" ni "la diffusion" de ce film, la famille Michel souligne qu'elle "ne considère pas ce film comme un hommage" au juge, s'agissant d'une "oeuvre de fiction dont bon nombre d'éléments sont entièrement fictifs et ne reflètent en rien sa vie et son histoire".