Jérémie Duvall : "le court-métrage doit être efficace"

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Jérémie Duvall : "le court-métrage doit être efficace"
Jérémie Duvall, 20 ans, est acteur et réalisateur de trois courts-métrages.
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INTERVIEW – Jérémie Duvall, l’un des soutiens du festival de courts-métrages Le jour le plus Court, nous parle de ce format. 

Vous l'avez sans déjà doute vu dans Le fils à Jo, aux côtés de Gérard Lanvin. Il était aussi à l’affiche de Mon père est femme de ménage avec François Cluzet. Jérémie Duvall, 20 ans, acteur, est également le jeune réalisateur de trois courts-métrages : 1% de Chance en 2010, Hors jeu en 2011 et Obsession, coréalisé avec Oscar Dorby en 2012. 

Jérémie Duvall est également l'un des nombreux soutiens du Festival International de courts-métrages, Le Jour le plus Court, qui aura lieu partout en France et à l’étranger le 21 décembre prochain. 

>>> Le réalisateur revient, pour Europe 1.fr, sur ce genre très spécial, qui n’est pas à court d’idées.   

Pourriez-vous définir le court-métrage ? Qu’est-ce qui le différencie d’un film ?

Sa longueur.Aujourd’hui dans le cinéma, on n’utilise plus la notion de moyen-métrage. Tout film inférieur à une heure est appelé court-métrage. Avant, on appelait court-métrage un film qui durait entre 1 seconde et 25 minutes, on parlait de moyen-métrage entre 25 minutes et 1 heure. Au-delà de 1 heure, on passait au film. Aujourd’hui, les courts-métrages font fréquemment de 0 à 15-20min. A la fin du court métrage, comme dans un film, il faut une chute, qui peut ouvrir sur une réflexion, ou mettre un point final. Dans Obsession, la chute est ouverte par exemple. Films et courts-métrages emploient néanmoins les mêmes outils.

Quelles sont les contraintes d’un court-métrage ?

C’est de raconter une histoire courte, avec concision et efficacité, dans le temps imparti. C'est-à-dire raconter une histoire à travers un film qui n’a pas besoin d’aller au-delà de la durée décidée par le réalisateur et le scénariste. Souvent, un court-métrage part simplement d’une idée. Un film a plus de temps pour dérouler la psychologie des personnages, pour rentrer dans le détail. Parfois, il arrive que devant un film, on se dise que l’idée de départ était bonne, mais que le réalisateur a trop tiré sur la corde. L’histoire aurait peut être gagné, dans ce cas précis, à rester dans un format de court-métrage. Le film aurait certainement été plus efficace.

Selon vous, un court-métrage est forcément l’antichambre de la réalisation de films ?

Non. Pour moi, ce sont deux genres à part entière. Ce sont deux exercices différents. Certaines histoires méritent d’être racontées dans un film, qui prend le temps d’explorer les relations entre les personnages, qui s’attarde sur la psychologie, etc. Le court-métrage doit avancer. Il exprime une idée simple, jusqu’à la chute. Il y a aussi, je crois, des sujets impossibles à raconter en court-métrage. Les sujets très psychologiques par exemple.

Comment vous y êtes-vous pris pour réaliser vos courts-métrages ?

afficheObsession

Pour le premier, je suis parti d’une idée. Sur le deuxième, j’ai fait l’erreur de traiter d’un sujet qui méritait à mon sens un film. Pour moi, ces deux premières réalisations étaient surtout des coups d’essai. Quant au troisième, que j’ai coréalisé avec Oscar Dorby, notre but était, en dix minutes, de provoquer un choc. Si je devais prendre un exemple, le film Drive, de Nicolas Winding Refn, sorti en 2011, je trouve que les 10 premières minutes du film pourraient à elles-seules constituer un court-métrage. C’est le moment de l’exposition du personnage. C’était une véritable claque. Avec Oscar Dorby, on voulait arriver à ce résultat. On voulait jouer avec le spectateur, le balader.  

Pensez-vous que le court-métrage soit un genre sous-estimé ?

Non. Il y a tellement de festivals qui naissent et qui permettent aux jeunes réalisateurs comme moi de montrer leur travail. Seule difficulté : il est très délicat aujourd’hui de rentabiliser un court-métrage (parce qu'un tournage coûte assez cher, tout dépend bien sur des conditions). Ils ne sont rentables que lorsque les réalisateurs obtiennent des aides. Heureusement, il y en a beaucoup. Il y a un fort soutien. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de soutenir Le Jour le plus Court, pour soutenir toute cette envie de produire, tous ces jeunes, comme moi, qui réalisent. Ces jeunes réalisateurs, attention, qui ont parfois 40 ans !

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Je travaille sur un film pour le Nikon Film Festival. Sur un thème imposé : "Je suis un souvenir. " Je suis en plein tournage et le film sera en ligne dans une semaine environ.

Allez-vous passer à la réalisation de films ?
J’adore le format du court-métrage, mais il faut avouer que lorsqu’on a goûté à la réalisation, on a vite envie de réaliser des films un peu plus longs pour s’exprimer. 

>> La troisième édition du Jour le plus Courtse déroulera le 21 décembre. Parrainé cette année par le comédien Fred Testot, l’événement réunira tous les passionnés de courts-métrages en France et à l’étranger (au Canada, en Croatie, au Portugal ou encore en Italie). Sur le modèle de la Fête de la Musique, les organisateurs espèrent que les lieux publics se transformeront, le temps de deux nuits, en salles de projection.