Huit noms basques : le Bienvenue chez les Ch’tis espagnol ?

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Huit noms basques : le Bienvenue chez les Ch’tis espagnol ?
Capture d'écran tirée de la bande-annonce du film d’Emilio Martinez Lazaro.
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CINEMA – Le film de d’Emilio Martinez Lazaro, une comédie sur l’identité basque, fait un tabac en Espagne. 

Ce Bienvenue chez les Ch’tis ibérique fait battre en ce moment le cœur des Espagnols. Environ sept semaines après sa sortie en salles, le film Ocho apellidos vascos, Huit noms basques en français, connaît un immense succès en Espagne. Fort de 46 millions d’euros de recettes (pour un budget inférieur à 3 millions selon les médias espagnols) et de 7,7 millions de spectateurs, cette comédie sentimentale est en tête du box-office, laissant loin derrière elle les blockbusters américains. Exit Noé ou The Amazing Spiderman 2. Plus fort encore : le film d’Emilio Martinez Lazaro est désormais le plus vu de l’histoire du cinéma espagnol. Il a dépassé le record détenu jusque-là par Les autres, le film d'horreur d'Alejandro Amenabar, avec Nicole Kidman, sorti en 2001.

C’est l’histoire d’un jeune Andalou, Rafa, qui tombe fou amoureux d’Amaia, une Basque de passage à Séville. Malgré les réticences de son élue, Rafa va se rendre au Pays Basque pour tenter de la faire chavirer.  Et pour y parvenir, il n’hésite pas à se faire passer pour un Basque des plus indépendantistes.

Les raisons d’un tel raz de marée ? Le film s’amuse des clivages nord-sud, une recette qui fait mouche quand tout le monde en prend pour son grade, d’un côté et de l’autre des Pyrénées. Les deux scénaristes basques Borja Cobeaga et Diego San José se sont d’ailleurs distingués en écrivant des sketches sur le même principe pour la télévision. Le peuple andalou fait ainsi preuve à l’écran d’un humour potache. Il est aussi présenté avec une étiquette de fainéant et s’exprime avec un accent atypique. Côté basque, les personnages parlent une langue incompréhensible et multiplient les fautes de goûts vestimentaires.

Les séparatistes basques chahutés. Le film ose aussi se moquer des séparatistes basques de l’ETA, un sujet tabou dans le cinéma espagnol. Et le film, conçu comme une "farce" permet alors "une sorte de catharsis", explique le réalisateur lui-même. "Le tabou autour d’un sacro-saint sentiment identitaire, longtemps identifié à la religion, est en train de tomber", analyse-t-il dans les colonnes du Courrier International

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Huit noms basques  pourrait donner lieu à une suite en Espagne, on fait savoir le producteur et le réalisateur. Il n'y a pas de sortie en France prévue pour l'instant. 

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