George VI, le roi "forcé" du Discours

  • A
  • A
George VI, le roi "forcé" du Discours
@ Matson Photo Service/See Saw Films
Partagez sur :

Le père d’Elizabeth II, héros du Discours d’un roi, a eu un destin des plus étonnants. Portrait.

Mercredi sort Le Discours d’un roi, l’un des films les plus attendus de ce début d’année. Nommé douze fois aux Oscars, le long-métrage retrace l’histoire singulière de George VI, roi d’Angleterre de 1936 à 1952, et incarné par Colin Firth. Cet homme timide et bègue, père de l’actuelle reine Elizabeth II, a eu un destin exceptionnel : dernier empereur des Indes et premier chef du Commonwealth, il est resté à Londres pendant la Seconde Guerre mondiale, afin d’encourager la résistance des Britanniques.

George VI - à l’origine le Prince Albert - n’était pas destiné à régner. Il a grandi dans l’ombre de son frère aîné Edouard, monté sur le trône en 1936, à la mort de son père, George V. Mais Edouard VII abdique moins d’un an plus tard, pour épouser une Américaine deux fois divorcée, acte non compatible avec son statut de roi.

Très handicapé pour s’exprimer en public, il devient, contraint et forcé, George VI. Le souvenir de son catastrophique discours de clôture de l’Exposition de l’Empire britannique, à Wembley, en 1925, le hante encore.

Regardez-le s’exprimer devant la foule, hésitant et bégayant :

C'est grâce à un thérapeute aux méthodes peu conventionnelles, Lionel Logue, que George VI parvient à incarner la fonction suprême. Diagnostiquant une mauvaise coordination entre le larynx et le diaphragme, il lui prescrit des exercices vocaux à raison d’une heure par jour.

Regardez cet extrait du film LeDiscours d’un roi :

1939 : le roi de l’entrée en guerre

En cette période trouble de l’histoire, le roi était contraint à communiquer de façon efficace, face à la montée des extrêmes, et à l’aisance d’Hitler et de Mussolini, capables d’haranguer les foules.

Le jeune roi a ainsi dû apprendre à s’exprimer à la radio, seul média lui permettant de se faire entendre à grande échelle. C’est ainsi qu’il a pu préparer son discours le plus important, diffusé à la BBC, le 3 septembre 1939 : la déclaration de guerre de l’Angleterre à l’Allemagne.

"J’invite maintenant mon peuple d’Angleterre et mes peuples d’Outremer à épouser notre cause. Je leur demande de rester calmes, fermes et unis dans l’épreuve", lance-t-il en direct à la BBC.

Ecoutez :

Un roi populaire

George VI reste le symbole de la résistance de l'Empire britannique face à l'Allemagne nazie. Proche du peuple, il a séjourné au palais de Buckingham pendant toute la guerre avec son épouse Elizabeth et ses deux filles, tout en respectant le rationnement pendant le conflit.

Les difficultés d’expression du roi lui avaient valu la sympathie du peuple, qui le surnommait "Berthie", et aimait son côté sportif. "Il fumait trop, il est mort d’un cancer du poumon – en 1952 -. Il pratiquait le patin à glace et jouait au tennis, il a même disputé le championnat de Wimbledon", a commenté l’acteur Colin Firth à propos du monarque.

Sa dernière apparition publique date de six jours avant sa mort, le 31 janvier 1952, lorsqu’il a tenu à accompagner sa fille Elizabeth, future reine, à l’aéroport, alors qu’elle se rendait en Australie. Un déplacement que ses médecins lui avaient déconseillé, mais qui reste un moment gravé dans la mémoire collective des Britanniques.

Regardez :

Le Discours d'un roi, un film Europe 1