Enemy, un film "épidermique"

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Enemy, un film "épidermique"
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L'AVIS DE - Le film de Denis Villeneuve raconte la rencontre d'un homme avec son double parfait.  

C'est l'histoire d'un prof de fac, discret, austère même, qui mène une vie d'ascète : boulot, correction de copies, dodo. Et puis un jour, parce qu'un collègue lui a suggéré de regarder un film pour se divertir, il s'exécute. C'est alors que tout bascule : il va faire face à une réalité qu'il n'avait jusqu'alors jamais soupçonnée. Dans le film, il aperçoit, dans le fond de l'écran, un figurant, qui est son parfait sosie. Pour lever le mystère, il n'a plus d'autre choix que de retrouver cet acteur de seconde zone. Avec Enemy, sorti mercredi, l'auteur de Prisoners, le Canadien Denis Villeneuve signe un film à la fois beau et inquiétant, selon le spécialiste culture d'Europe 1, Pierre de vilno.



Bande-annonce : Enemy - VOST (2)par PremiereFR

On frissonne. Le film, qui raconte cette rencontre d'un homme avec son double parfait, a de quoi faire trembler. "Il y a des tiroirs qui s'ouvrent et qui ne se referment pas dans ce film", raconte notre spécialiste culture. "Le réalisateur ne donne pas toutes les clés. Il y a encore un côté "David Lynch" dans ce film : on est comme pris au piège, traqué, pris dans une toile d'araignée, autre symbole fort de ce long métrage.  Ça fait peur, c'est très épidermique mais c'est très beau", assure Pierre de Vilno. 

Et côté esthétique ? Pour donner le ton, "Enemy s'ouvre sur une scène à la Eyes Wide Shut, le film de Stanley Kubrick", explique Pierre de Vilno. "La musique de fond aussi est terrible", poursuit-il, "c'est de la musique classique contemporaine, dissonante. La couleur est savamment choisie.  "On croirait qu'un filtre sépia habille toutes les images, tellement les tons sont uniformes, pour laisser place à l'émotion", souligne Pierre de Vilno.

Enemy, le film

Les jumeaux inspirent les réalisateurs… Enemy n'est pas le premier film à jouer sur la duplicité des personnages, rappelle Pierre de Vilno. "Le meilleur exemple est sans doute Faux-semblants (Dead Ringers), de David Cronenberg, sorti en 1988 sur l'histoire de deux jumeaux gynécologues qui deviennent totalement paranoïaques", rappelle pierre de Vilno. "Enemy s'inscrit d'ailleurs dans cette mouvance de films étranges, étrangement dérangeants, avec un casting parfait : le personnage double est incarné par l'acteur américain Jake Gyllenhaal, qu'on a vu dans Prisoners du même auteur. A noter aussi : la présence de Mélanie Laurent."